Épargne

Nouveau coup de Trafalgar sur les SCPI

Créé le

21.03.2025

-

Mis à jour le

26.03.2025

Le problème n’est plus les mauvaises performances.
Au contraire, certains s’affichent trop beaux !

Il est bien loin, le temps des paillettes de l’année 2022. Cette année-là, la collecte des Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) avait franchi la barre symbolique des 10 milliards d’euros. Un tiers des flux captés par le Livret A, pourtant à son plus-haut depuis dix ans à cette époque-là ! Puis, la hausse des taux est passée par là. Le premier coup de Trafalgar a lieu dès le printemps 2023, avec des baisses de prix de part, avant de s’accélérer fortement à l’automne. Principalement pris dans la nasse, les gros acteurs ayant affiché une forte collecte et un fort investissement en bureaux. Parmi eux, non seulement des sociétés de gestion filiales de groupe bancaires (Amundi/Crédit Agricole, AEW/BPCE, BNP Paribas REIM/BNP Paribas), mais aussi le leader du marché, Primonial devenu depuis Praemia REIM, à la suite de la vente de Primonial au groupe Crystal. Avec la baisse de prix de part, vinrent les problèmes de liquidité. À date, ce dossier n’est pas encore bouclé, mais la famille des SCPI vient de s’offrir un nouveau coup de Trafalgar.

Cette fois, ce ne sont plus les vieilles SCPI qui sont en cause, mais les récentes. Le début de l’année 2024 a vu pulluler les annonces de taux de distribution mirifiques, parfois à plus de 10 %, accompagnés d’un petit renvoi de bas de page. Taux annualisés ! Sauf que cette pratique est contraire à la fois à la règle de la directive MIF, mais également aux pratiques recommandées par l’ASPIM, la principale association professionnelle. Le 12 mars, l’Autorité des marchés financiers a rappelé aux producteurs et distributeurs leurs obligations en matière de commercialisation. Être clair, exact et non trompeur. Avec cette précision : « Toute communication sur le taux de distribution d’une SCPI (ratio des dividendes versées en année n sur le prix de la part au 1er janvier de l’année n) doit être systématiquement accompagnée d’un indicateur de performance plus global, calculé sur la même période, le taux de distribution ne donnant qu’une information partielle sur la performance réelle de la SCPI. »

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº903