Avec une collecte record au niveau mondial, l’industrie des ETF (exchange-traded funds ou fonds indiciels cotés) affiche une santé insolente. Sur les dix-huit dernières années, les encours ont ainsi enregistré une croissance annuelle de 21 % en moyenne. Et si l’Europe a découvert plus tardivement les atouts de ces enveloppes juridiques (faible frais, facilité d’utilisation en Bourse...), elle semble rattraper son retard. « La dynamique y est encore plus forte, avec une collecte 2025 de 389 milliards de dollars, en progression de 40 % par rapport à 2024 », rapporte Arnaud Gihan, responsable de iShares & Wealth en France, Belgique et Luxembourg.
Les ETF : la moitié du marché américain
Si le chemin est encore long pour rattraper les États-Unis, où les ETF représentent désormais plus de la moitié du marché, plusieurs facteurs contribuent à renforcer leur position.
Les utilisateurs historiques d’ETF, à savoir les institutionnels, y recourent de plus en plus, le choix de produits s’étoffe, en même temps que la base d’investisseurs s’élargit. « En France, on dénombre 2,6 millions d’utilisateurs d’ETF en direct, au sein d’un compte-titres ou d’un plan d’épargne en actions, et nous attendons 1,6 million d’utilisateurs supplémentaires cette année », ajoute Arnaud Gihan. En outre, l’innovation produit devrait permettre de convertir de nouveaux investisseurs. Par exemple, BlackRock a sorti, fin 2025, une gamme de supports à buffer, dotés d’une stratégie proche de celle des produits structurés. Offrant une protection totale ou partielle contre les baisses du marché, elle devrait être enrichie dans le courant de l’année. Aurélie Fardeau