La convoitise que provoque l’afflux d’encours sur les fonds thématiques ces dernières années peut pousser certains acteurs à profiter de l’habillage marketing que prodigue la gestion thématique pour mieux vendre des produits qui ne sont pas, conceptuellement et à proprement parler, thématiques. Nos équipes ont inventé le néologisme « thematic washing » pour décrire ce procédé pour le moins indésirable.
En effet, afin de ne pas tomber dans le piège du marketing et de profiter au mieux des opportunités nombreuses qu’offre la gestion thématique, plusieurs écueils sont à éviter. Le concept d’« investissement thématique » n’étant pas délimité juridiquement par la réglementation actuelle, il est absolument nécessaire de ne pas confondre une thématique avec un secteur, un pan de marché ou encore un filtre.
1. Investissement thématique ne veut pas dire investissement sectoriel. Regrouper des entreprises en fonction du chiffre d’affaires qui les lie à un thème implique qu’un gérant peut sélectionner des sociétés provenant de multiples secteurs. Par exemple, le thème de « l’économie du vieillissement de la population » est composé d’une partie des secteurs de la santé, du tourisme et de l’assurance, ce qui lui confère une dimension transversale.
2. La géographie et la taille de capitalisation ne sont pas des thématiques. En effet, les sociétés « mid caps allemandes » n’ont pas tout ou partie de leur chiffre d’affaires lié à un même thème, elles sont regroupées ainsi uniquement par ressemblance géographique et capitalistique.
3. L’ESG n’est pas non plus une thématique. C’est un filtre appliqué à la gestion d’un portefeuille pour sélectionner des sociétés vertueuses. Il n’y a aucune cause commune liant a priori le chiffre d’affaires de plusieurs sociétés avec un bon score ESG.
Une définition précise
Dans notre Livre blanc de l’investissement thématique paru en juin 2021, nous avons défini cette gestion : une thématique d’investissement est portée par une ou plusieurs mégatendances, et elle doit être structurelle, internationale et transversale.
Toutefois, s’en tenir à une définition précise est une condition nécessaire mais non suffisante pour pouvoir investir sereinement sur les thématiques. Il est impératif, de surcroît, de catégoriser les thématiques et d’éliminer celles qui n’en sont pas. Par la mise en place en 2019 du premier modèle de recherche et de sélection de thématiques en France, le « Codex des thématiques », nos équipes ont segmenté l’univers des thématiques pour ne retenir que celles qui correspondaient à cette définition.
Le dernier obstacle à contourner pour profiter pleinement de la croissance des thématiques réside dans le fait qu’il n’existe pas réellement de métriques sur les logiciels d’information financière pour évaluer le potentiel boursier d’une thématique, contrairement à ce qui existe pour les indices classiques (CAC 40, etc.). La création d’indicateurs permettant de comprendre, d’étudier, de quantifier une thématique (les Indicateurs Thématiques Galilée ou ITG) ont permis aux équipes de gestion d’analyser une thématique comme un marché financier à part entière, avant d’y investir.
En effet, avant de choisir une action ou un fonds à mettre en portefeuille, il faut impérativement choisir d’abord la thématique sur laquelle on se positionne. Cela implique de ne pas se laisser influencer par le marketing et surtout d’être en capacité technique de mesurer le potentiel boursier d’une thématique.