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Les bons résultats des banques françaises se confirment à la suite des dernières publications de l’exercice 2025. En considérant les seules entités cotées (SG, BNPP, CASA hors caisses régionales), les revenus du quatrième trimestre 2025 progressent de 3,6 % en base annuelle, un rythme de croissance identique aux neuf premiers mois de 2025. Les réactions du marché sont néanmoins mitigées, une pause après une bien belle année boursière pour les valeurs bancaires. Le moteur du Corporate & Investment Banking (CIB) reste solide mais subit un léger repli des activités de marché (Revenus fixes, Matières premières et Devises ou FICC, et Actions) qui furent brillantes sur les neuf premiers mois. Ce dernier est compensé au cas par cas par les autres métiers. BNP Paribas se distingue en publiant au quatrième trimestre son meilleur trimestre de l’année 2025, et en relevant ses objectifs 2028 en rentabilité, efficacité opérationnelle et solvabilité.
La croissance des revenus atteint 5,1 % en 2025, en incluant les Caisses régionales du Crédit Agricole et les établissements non cotés (BPCE, Crédit Mutuel Alliance Fédérale). Sur ce périmètre élargi, les réseaux France contribuent pour moitié à la croissance annuelle des revenus (+4 milliards d’euros/+8 milliards d’euros), portés par une faible hausse des stocks de crédit (1 % à 2 %), et surtout par une marge d’intérêt en progrès, se renforçant en fin d’année. Les passifs sont moins onéreux avec la baisse des taux directeurs (-100 pb sur 1 an) et du livret A (-130 pb), tandis qu’à l’actif les générations de crédit moins rentables s’effacent progressivement. La croissance des revenus (hors effets périmètres) concerne aussi l’assurance et le crédit consommation, tandis que la mobilité pâtit d’un marché atone et la gestion d’actifs d’effets de change.
Un coefficient d’exploitation en progrès
Cette solide croissance des revenus bancaires contraste avec la faible progression du PIB français (+0,9 %), et aussi du PIB nominal (+2 %). Les revenus des banques sont certes sensibles à la production de richesse (PIB), mais leur croissance s’en écarte chaque année au gré de nombreux paramètres : marges d’intérêt, croissance externe, volatilité des marchés etc. En 2024, les revenus bancaires avaient également surperformé le PIB français, contrairement à 2023 sous l’effet des hausses de taux.