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«Trente-deux ans dans une même institution, c’est évidemment une part importante d’une vie professionnelle », s’exclame Cécile Ratcliffe, à la tête de HSBC Continental Europe depuis le 1er juin dernier, où elle succède à Andrew Wild. Avant de rejoindre la banque sino-britannique, la dirigeante a passé plus de trois décennies au sein de la banque américaine Citigroup. « Le développement du hub européen de marchés à Paris après le Brexit a renforcé ma conviction que les grandes transformations peuvent aussi être de formidables opportunités de développement, rappelle-t-elle. Cela m’a aussi montré que croissance et exigence en matière de gouvernance et de contrôle ne s’opposent pas, mais doivent, au contraire, avancer ensemble. »
Son parcours universitaire témoigne d’une attirance ancienne pour le secteur bancaire. Diplômée en économie, finance et management de l’IEP de Paris, elle a également obtenu un master à l’Université Paris Dauphine - PSL, ainsi qu’un DEA en finance de marché et stratégie bancaire internationale à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Le passage chez HSBC, qui a dégagé des profits imposables en hausse de 60 % sur un an, à 10,1 milliards de dollars au deuxième trimestre, apparaît dès lors comme une évidence pour la professionnelle. Elle cite notamment le rôle unique de la banque, sa couverture géographique dans 56 pays, son histoire de plus de 160 ans et cette identité singulière de banque construite par et pour les commerçants.
Le rôle pivot de HSBC Continental Europe, dont les activités ont été profondément réorganisées ces dernières années sous l’impulsion du directeur général de HSBC, Georges Elhedery, constitue également un facteur d’attractivité important. La Française dirige ainsi une entité qui opère dans 12 pays du Vieux Continent, avec Paris comme hub, et affiche un bilan de quelque 265 milliards d’euros à fin 2025. HSBC Continental Europe compte ainsi 6 100 salariés, sur un effectif mondial de 208 000 personnes. « Nous jouons un rôle de “super-connecteur” entre les grands pôles commerciaux, notamment avec l’Asie et le Moyen-Orient. Par conséquent, nous sommes capables de connecter l’Europe aux grandes dynamiques de croissance et, inversement, d’offrir aux clients internationaux un accompagnement pour se développer en Europe », explique-t-elle.
La passion de l’innovation
Au cours de ses premières semaines au sein de l’établissement sino-britannique, la dirigeante mesure également la force du positionnement de la banque dans les métiers du financement, des marchés, du trade finance et du cash management. Elle apprécie aussi la place accordée à l’innovation dans la stratégie du groupe, et pas seulement dans le domaine de l’intelligence artificielle. « Nous innovons également dans les monnaies et actifs digitaux pour rendre les transactions plus rapides et plus sûres, par exemple avec HSBC Orion, pour l’émission et la gestion de titres digitaux, et le Tokenised Deposit Service, qui permet des transferts de liquidités quasi instantanés, 24/7, via la blockchain. »
La culture d’entreprise de HSBC figure également parmi les atouts de sa nouvelle maison : une culture collaborative, fondée sur le dialogue, où le travail en équipe entre métiers, fonctions et pays s’avère naturel et fait partie du quotidien des collaborateurs. C’est aussi, selon elle, une culture dans laquelle la diversité n’est pas un vain mot, portée par une grande richesse de nationalités et de parcours.
Une mission claire
Pour cette professionnelle, la mission est désormais claire : « Ma priorité consiste à poursuivre notre dynamique de croissance, de renforcer notre leadership et nos parts de marché dans les domaines où nous disposons d’un avantage concurrentiel réel et des meilleures opportunités de croissance, dans nos activités de banque d’entreprises et d’institutionnels, mais aussi pour nos activités de gestion d’actifs et de banque privée. »
D’ores et déjà, l’agenda est bien rempli. Ses journées alternent entre échanges avec les clients, relations avec les régulateurs, suivi des priorités de développement commercial et pilotage de sujets, comme la simplification et l’amélioration de l’expérience client. Le lien avec les équipes occupe également une place importante dans son quotidien. « Être à l’écoute et dans le dialogue » constitue, à ses yeux, une priorité pour accompagner la croissance de l’organisation. Et lorsque l’agenda lui laisse un peu de répit, la dirigeante aime retrouver sa famille et ses trois enfants, lire ou encore marcher. Des moments simples qui lui permettent de prendre du recul : « Dans un agenda dense, ces respirations ne sont pas un luxe : elles aident à revenir avec plus d’énergie et de clarté », conclut-elle.