Espagne

Les banques taxées trois ans de plus par Madrid

Créé le

11.12.2024

-

Mis à jour le

06.01.2025

Les lobbies s’insurgent contre un impôt injuste susceptible de priver familles et individus de 50 milliards d’euros de nouveaux financements.

Les banques espagnoles n’en ont pas fini d’être imposées. Fin novembre, le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a donné son feu vert pour une taxe bancaire redessinée et étendue durant trois années supplémentaires. De 2024 à 2026, les banques devront donc à nouveau passer à la caisse. Et pas qu’un peu...

Durant ces deux dernières années, la taxe bancaire prenait la forme d’un prélèvement de 4,8 % sur les marges d’intérêt et les commissions. Elle s’appliquait aux seuls groupes bancaires ayant généré plus de 800 millions de profits en 2019. Désormais, ce plancher est supprimé ! De son côté, le prélèvement unique laisse la place à un barème progressif d’imposition doté de différentes tranches passant de 1 % pour les premiers 750 millions d’euros de revenus de base à 7 % pour les revenus supérieurs à 5 milliards d’euros. Autre petite différence : cet impôt revisité prévoit une déduction extraordinaire dans le cas où les institutions subissent une baisse durable de leur rentabilité : « La complexité de la taxe augmente considérablement », a reconnu Ángel Estrada, directeur général de la stabilité financière et de la régulation de la Banque d’Espagne.

Jusqu’à 7 % de taxe !

Selon les calculs de l’agence de presse Europa Press, les trois premières banques du secteur – CaixaBank, BBVA et Santander – seront les plus affectées par ce nouvel impôt, dans la mesure où elles seront imposées à un taux de 7 % si leurs revenus dépassent les 5 milliards d’euros. De son côté, Sabadell sera imposé à un taux de 6 %, tandis que Bankinter et Unicaja se situeront dans la fourchette de 4,8 %.

Les lobbies bancaires ont immédiatement rejeté ce nouvel impôt « en raison de son impact économique et de l’insécurité juridique qu’il génère », selon un communiqué publié par l’association patronale bancaire (AEB) et la Confédération espagnole des caisses d’épargne (Ceca). Ces organismes estiment qu’il privera les familles et les entreprises de 50 milliards d’euros de nouveaux financements. « Cet impôt est sans équivalent dans les pays de l’Union européenne et nuit donc à la compétitivité des établissements de crédit espagnols et à l’économie dans son ensemble », ont alerté les associations. Jugeant qu’« il n’a pas de justification technique car la politique monétaire est entrée dans un nouveau cycle de baisse des taux d’intérêt », elles ont annoncé leur intention de porter l’affaire devant la justice.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº899-900