À ce jour, un impact plutôt négatif s’est fait ressentir. À court terme, cette sortie de l’Union européenne (UE) a entraîné une baisse de la croissance économique. Le Royaume-Uni a connu une récession en 2020, consécutive à la pandémie de Covid-19, mais plus grave qu’ailleurs en Europe, en raison notamment du Brexit. À terme, la productivité et l’investissement sont susceptibles d’être impactés. En sortant de l’UE, le Royaume-Uni a perdu l’accès au marché unique de 450 millions de consommateurs et a rendu difficile pour les entreprises britanniques d’exporter leurs produits et services.
L’industrie manufacturière a ainsi été particulièrement touchée. C’est un secteur fortement intégré au marché unique européen et le Brexit a entravé l’exportation des produits des entreprises manufacturières britanniques vers l’Europe. Le secteur des services a quant à lui été moins touché. Il représente la majeure partie de l’économie britannique, et est moins intégré au marché unique européen. Le pays domine l’export dans le secteur des services avec 21 milliards d’euros en 2022, grâce notamment au déploiement de la 5G.
Si l’on s’en tient au secteur financier, Paris a été la grande gagnante. C’est une conséquence majeure du Brexit, avec le transfert de 2 800 banquiers de la City vers la capitale française, un nombre supérieur à celui de Francfort ou Dublin. Ces transferts ont en outre généré la création de 3 500 emplois de banquiers en France. Les principales banques concernées sont JP Morgan, BoA, Goldman Sachs, Citigroup et Morgan Stanley. Le Président Emmanuel Macron a aussi œuvré de son côté pour maintenir une politique fiscale attrayante et offrir une certaine flexibilité en droit du travail, appréciée des banques étrangères implantées à Paris.
Le travail de fond réalisé par Rishi Sunak, Premier ministre du Royaume-Uni, mérite d’être souligné. Celui-ci est parvenu, d’une certaine façon, a trouvé un accord avec l’Irlande du Nord. Il a également réussi à aplanir les relations entre le Royaume-Uni et l’ UE, après signature d’un protocole d’accord qui prévoit un allègement des barrières douanières entre les deux pays.
Sur le plan des actifs comptabilisés aux bilans de ces entités juridiques dans la zone euro, ceux-ci ont bondi de 275 milliards d’euros à plus de 1 300 milliards d’euros à fin 2022, soit une hausse de 500 %. Le Brexit a entraîné de facto une nette augmentation du nombre d’établissements de crédit agréés au sein de la zone euro, avec 15 nouveaux agréments.
En matière de réglementation financière post-Brexit, le Royaume-Uni et l’UE se sont récemment entendus sur un accord. Ce protocole (mémorandum of understanding) établit un cadre pour une coopération réglementaire structurée qui va permettre à des établissements financiers britanniques d’opérer sur le continent malgré la perte du passeport européen. C’était un inconvénient majeur de la sortie du Royaume-Uni, ce dernier étant alors devenu un pays tiers pays tiers de l’UE et du marché unique. Cette règle du passporting a nécessité, pour les banques étrangères souhaitant se relocaliser, la création de nouvelles entités juridiques au terme d’un processus complexe. L’objectif de l’UE a été clairement de mener une politique « zéro coquille vide ».
Quelques impacts positifs
Le Brexit a eu toutefois quelques impacts positifs sur l’économie britannique. Le Royaume-Uni est désormais libre de négocier ses propres accords commerciaux avec d’autres pays, ce qui pourrait multiplier les opportunités commerciales des entreprises. Les dépenses publiques du pays ont aussi pu être réduites, puisque les contributions au budget de l’UE sont aujourd’hui inexistantes.
À ce jour, le PIB est resté stable après -0,2 % au troisième trimestre. La croissance annuelle s’est élevée à 4 % en 2022, portée avant tout par le rebond de l’activité courant 2021 au sortir de la crise sanitaire.
Pour autant, le bilan du Brexit est mitigé pour l’économie britannique. À défaut de pouvoir cerner ses conséquences à long terme sur l’économie britannique, il est d’ores et déjà possible de constater son impact significatif.