Le Royaume-Uni, le Luxembourg, la Suisse, l’Irlande, les Pays-Bas... autant de pays généralement considérés comme «
Une première distinction peut être faite entre :
- les pays qui captent les capitaux essentiellement grâce à un statut fiscal, juridique ou réglementaire, mais dont l’attractivité ne doit qu’au maintien de ces avantages particuliers. La disparition du secret bancaire et les discussions autour des structures opaques fragilisent aujourd’hui la position de ces pays et les contraignent à trouver rapidement des reconversions
possibles ;[2] - les pays qui ont décidé de développer sur leur sol une industrie financière, fondée sur des savoir-faire et des compétences spécifiques, pour en faire la base d’une activité économique à valeur ajoutée. Dans cette deuxième catégorie, faire le choix de la finance peut correspondre à deux objectifs, non exclusifs l’un de l’autre : le premier est de favoriser, au niveau national, une finance qui réponde aux besoins réels de l’économie, pour couvrir par exemple les besoins en fonds propres des entreprises nouvelles et prometteuses, développer l’épargne longue et le capital patient, financer des objectifs de politique générale comme la transition
énergétique ; le deuxième objectif est de faire de ce secteur d’activité un élément de la compétitivité internationale du pays, au service d’acteurs étrangers.[3]
Mais, dans tous les cas, le développement d’une industrie financière solide et rentable dans un environnement profinance dépend de l’action conjointe des Pouvoirs publics et du superviseur. En effet, les Pouvoirs publics (au travers des textes réglementaires pris au plan national ou dans la transposition des réglementations européennes) et le superviseur (dans leur mise en application) devront :
- trouver le juste équilibre entre la défense de l’intérêt général et la capacité d’innovation des acteurs les plus dynamiques de la Place
financière ;[5] - assurer un contexte de concurrence équitable entre acteurs de la finance ;
- enfin et surtout garantir une stabilité juridique et politique, indispensable au développement de ce secteur et au maintien dans le pays des émetteurs, investisseurs et
opérateurs .[6]
Le rapport ambigu des Français à l’argent et la finance a souvent été mis en avant pour expliquer la défiance vis-à-vis de ce secteur : espérons que les réflexions et analyses des auteurs de ce nouveau supplément de Revue Banque réalisé en partenariat avec l’AMAFI permettront une vision plus objective de « ces pays européens qui font le choix de la finance ». Il faut le vouloir d’autant plus que de la faculté de notre pays à faire enfin, sans ambiguïté, « le choix de la finance » dépend sa faculté à financer ses entreprises, à relancer la croissance et l’emploi, et, in fine, à conserver sa place dans l’Europe.