La construction européenne est affaire de patience et de conviction. Elle progresse d’une manière étonnante, par bonds pourrait-on dire, davantage que par un avancement méthodique et régulier.
Nombreux sont les jalons déjà franchis de cette façon. La création de l’euro est l’exemple même d’avancée décisive, car une monnaie commune est un élément très puissant de convergence, mais aussi parce qu’elle a provoqué, ou accéléré des projets constitutifs de nouveaux progrès. La dimension devenue paneuropéenne de nos infrastructures de marché nationales, le recensement et le démantèlement progressif des barrières Giovannini, la création de Target 2 (cash), la décision d’unifier le règlement/livraison dans la zone euro, procèdent de cette théorie des bonds en avant.
S’agissant de Target 2 Securities, le bond a été minutieusement préparé, avec le lancement de l’étude en juillet 2006, et le feu vert donné au lancement du projet en juillet 2008 par le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.
Né d’un constat de l’Eurosystème
Simple plate-forme technique offerte aux CSD et aux banques centrales pour les uns, grand projet dont le règlement/livraison européen avait absolument besoin pour les autres, T2S est né d’un constat de l’Eurosystème : la fragmentation de l’infrastructure de règlement/livraison en Europe, avec 18 systèmes différents correspondant à autant de dépositaires centraux nationaux historiques.
L’harmonisation devenait nécessaire d’autant qu’elle est porteuse d’avantages non négligeables tels la réduction des coûts de règlement-livraison et du nombre d’intervenants en Europe, une mobilisation beaucoup plus efficace du collatéral, une meilleure maîtrise des risques de non-dénouement, une rationalisation des structures et des organisations du postmarché, sans oublier la perspective d’une consolidation des CSD dans la durée.
Je souhaite bon vent à T2S qui marquera une évolution fondamentale dans l’histoire du postmarché