Transition énergétique : « Agir à tous les niveaux »

Créé le

21.07.2015

-

Mis à jour le

01.09.2015

Le groupe Société Générale se veut présent sur tous les fronts en matière de stratégie RSE : financement d’infrastructures dans les énergies renouvelables, green bonds, prêts et placements « verts » pour les particuliers, taxe carbone interne, ou encore participation aux instances internationales sur ces enjeux.

En prévision de la CoP 21, quelle est votre ligne de conduite en matière de transition énergétique ?

Les enjeux climatiques liés au réchauffement de la planète nécessitent d’agir à tous niveaux. À l’occasion de la Semaine du climat à Paris, en mai 2015, Frédéric Oudéa, directeur général du Groupe Société Générale, a signé aux côtés de 59 entreprises internationales et sept organisations les Business proposals for CoP 21 pour accompagner les engagements des États. La banque s’implique en matière de RSE au travers de Principes généraux environnementaux et sociaux (E&S) et de politiques E&S sectorielles et transversales mis en œuvre dans tous les métiers du groupe. Dans ce contexte, environ 170 transactions dédiées ont donné lieu à une analyse E&S approfondie et 46 projets répondant aux Principes de l’Équateur, dont nous sommes adhérents, ont été signés au cours de l’année 2014.

Accélérez-vous certains projets ou retraits ?

Société Générale est un acteur majeur du financement des infrastructures énergétiques, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. En 2014, 70 % des nouveaux financements de projets pour la production d’électricité concernaient le secteur des énergies renouvelables. Cette année, SG CIB a ainsi soutenu des opérations majeures : structuration financière, accompagnement technologique et schéma réglementaire. SG CIB a également noué un accord avec la BEI dans le cadre du programme « France énergies renouvelables » pour promouvoir les investissements dans les énergies renouvelables (750 millions d’euros) sur l’ensemble du territoire français entre 2014 et 2016. Outre les énergies renouvelables, SG CIB est également leader mondial en tant que conseil financier dans le domaine du gaz naturel liquéfié.

Quid du nucléaire ?

Le secteur nucléaire fait partie du mix énergétique et nous accompagnons nos clients dans leurs activités tout en s’assurant que son soutien est donné d’une manière responsable, en appliquant les meilleurs standards, tels ceux formulés par l’AIEA [1] (autorité de sûreté nucléaire indépendante, technologie référencée, capacité à faire face aux événements extrêmes…).

Quelles sont vos actions vis-à-vis des particuliers ?

En France, 25 000 éco-prêts à taux zéro et prêts Développement durable, représentant plus de 393 millions d’euros, ont été accordés. L’offre en matière de produits bancaires aux particuliers et prêts verts comprend également des crédits destinés à l’achat de véhicules électriques ou hybrides, de cartes affaires environnement, ou des Livrets de développement durable (LDD).

Comment réduisez-vous votre empreinte carbone ?

Depuis 2005, le groupe réalise un inventaire de ses émissions de Gaz à effet de serre (GES) conforme au GHG Protocol [2] , standard international. Grâce aux systèmes de mesure et de reporting RSE, dont le périmètre s’est élargi au cours du temps, les politiques environnementales élaborées depuis 2008 ont permis d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, de l’informatique, et de réduire l’impact des déplacements professionnels et de l’usage des papiers.

À titre d’exemple, suite au monitoring énergétique de nos agences bancaires, de nombreux DAB ont été renouvelés au profit d’équipements plus performants. En juillet 2012, le groupe a adopté une nouvelle stratégie de réduction de son impact carbone. Le comité exécutif a validé le nouveau programme sur trois ans en renforçant ses ambitions avec un double objectif de réduction des émissions de GES par occupant (-11 % par rapport à 2012) et d’augmentation de l’efficacité énergétique (+13 % par rapport à 2012).

Ce programme s’appuie sur la mise en place d’une double incitation : la taxe carbone interne et l’affectation des revenus de cette taxe à des projets internes d’efficacité environnementale. Les résultats de ce programme seront connus d’ici la fin de l’année.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la taxe carbone interne ?

Société Générale a déployé un modèle d’organisation qui sert aujourd’hui de référence à d’autres grands groupes pour la mise en place de leur stratégie environnementale. Chaque année, un montant est prélevé auprès des lignes métiers en fonction de leurs émissions carbone (10 €/t CO2). L’enveloppe ainsi constituée est utilisée pour financer des initiatives internes d’efficacité environnementale. En 2014, 3,4 millions d’euros ont ainsi été collectés et réalloués à 35 initiatives internes. Ces mesures ont permis une économie annuelle de 14 millions d’euros sur les frais généraux et de 2 250 tonnes de CO2.

Comment contribuez-vous à faire avancer le débat sur ce thème ?

La question du calcul de l’empreinte carbone des bilans bancaires reste un sujet de travail où les banques françaises sont en pointe, avec les travaux de l'ORSE [3] en France, que Société Générale a contribué à financer. Sur le plan international, concernant les assureurs et les assets managers, une initiative du PNUE [4] a été lancée, avec le WRI [5] , que nous accompagnons, pour procéder à un inventaire des méthodologies visant à mesurer l’empreinte carbone dans leurs portefeuilles d’actifs. En France, dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, ces mêmes acteurs vont devoir calculer, d’ici à la fin de l'année 2016, l’empreinte carbone de leurs portefeuilles.

S’agissant du carbone, quel serait, selon vous, son juste prix ?

Le marché du CO2 européen a connu de nombreuses évolutions et autant de dysfonctionnements depuis sa création en 2005. En 2008, son prix a été fixé sans fondement économique théorique mais sur des options politiques ; avec pour conséquence un effondrement du marché, dès 2009, pour cause d’excès des droits d’émission donnés aux industriels, alors que la croissance n’était pas au rendez-vous. Résultat, la tonne ne se négocie plus qu’à quelques euros, sans réel impact économique. La communauté européenne a entrepris de normaliser ce marché avec la mise en place de la MSR (Market Stability Reserve), mais cela prendra du temps pour atteindre un prix de marché impactant réellement les décisions économiques.

Innovez-vous en matière de financement responsable ?

Nous avons développé l’activité de « Financement à impact positif » pour favoriser l’émergence de solutions de financement innovantes. Pour ce faire, la banque anime un groupe de travail international au sein des Nations Unies pour partager cette méthodologie. Ces financements ont un impact positif sur un des trois piliers du développement durable [6] , mais traitent également les impacts négatifs. L’an dernier, la banque a mis en place 958 millions d’euros de nouveaux financements de ce type, soit une augmentation d’environ 37 % par rapport à 2013. À titre d’exemple, SG CIB a dirigé le financement de la plus grande centrale géothermique au monde, Sarulla, en Indonésie, qui combine une production énergétique propre et renouvelable, visant à réduire ses impacts sur les communautés environnantes et à respecter les exigences E&S les plus strictes.

Que pensez-vous du marché des green bonds ?

Pour accompagner ses clients, le groupe a à cœur de contribuer au développement du marché obligataire durable « Green Bonds ».

En mai 2014, la banque a ainsi accompagné GDF Suez dans la plus grande émission d’obligation verte jamais réalisée, pour un montant de 2,5 milliards d’euros, et a également aidé l'entreprise espagnole Abengoa pour financer des projets d'énergies renouvelables, avec le lancement de la première obligation verte sur le marché européen des obligations à haut rendement, pour un montant de 500 millions d’euros.

Quelles relations entretenez-vous avec les ONG ?

Société Générale veille à écouter activement et dialoguer avec l’ensemble de ses parties prenantes d’une manière constructive, et notamment avec les ONG qui l’alertent sur différents thèmes et peuvent l’aider à prendre en compte des situations controversées.

 

 

1 Agence internationale de l’énergie atomique.
2 GreenHouse Gas Protocol.
3 Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises.
4 Programme des Nations Unies pour l’environnement.
5 World Resources Institute think tank américain spécialisé dans les questions environnementales.
6 Environnement ; social ; économie.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº787
Notes :
1 Agence internationale de l’énergie atomique.
2 GreenHouse Gas Protocol.
3 Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises.
4 Programme des Nations Unies pour l’environnement.
5 World Resources Institute think tank américain spécialisé dans les questions environnementales.
6 Environnement ; social ; économie.