Selon une estimation de la
Les besoins dépassent en effet les possibilités financières des États. Salah Eddine Mezouar, le ministre des Finances marocain, en faisait le constat le 30 mai dernier, lors de la conférence de la FEMIP : « Les besoins sont énormes, aussi bien dans les secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports publics, que de l’éducation ou la santé. Il nous faut prendre des mesures pour augmenter l’attractivité du pays pour les investisseurs privés, notamment pour assainir le climat des affaires. »
La Tunisie, dans un contexte « post-Printemps arabe » et dans l’attente des élections qui doivent se tenir le 23 octobre, avance à marche forcée pour donner à l’industrie financière une ossature moderne (voir Encadré). Pragmatique, Jalloul Ayed, le ministre des Finances par intérim, déclarait également lors de cette conférence que les capitaux, et notamment les financements de long terme, étaient une denrée rare dans son pays. Et de dresser un constat empreint de réalisme : à l’heure actuelle, les banques tunisiennes disposent de ressources financières limitées et n’ont pas forcément les compétences nécessaires pour réaliser des financements de projets. Selon lui, outre une refonte de la réglementation des partenariats public-privé (PPP), la problématique du risque de change devra également être rapidement réglée. Tous les projets d’infrastructure à ce jour réalisés sur le modèle de la concession ont en effet été libellés en euros.
Vers un changement de paradigme dans les relations Nord-Sud
Désireux de soutenir les aspirations des peuples à davantage de liberté, les pays du G8 et du G20 ont souhaité accompagner les pays de la zone MENA dans leur politique de changement. C’est ainsi qu’est né, le 8 mai 2011, le partenariat de Deauville : « Nous sommes prêts à ouvrir ce partenariat global et de long terme à tous les pays de la région qui amorcent une transition vers une société libre, démocratique et tolérante (“les pays du partenariat”), en commençant par l'Égypte et la Tunisie, en association avec les pays qui souhaitent soutenir la transition dans la région », a déclaré Nicolas Sarkozy à l’issue du sommet du G8.
C’est dans cette optique nouvelle, que l’expertise de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) en matière de PPP a été proposée, sous condition.
Philippe de Fontaine Vive Curtaz, vice-président de la BEI, a accepté cette mission, voyant dans le développement des PPP une opportunité d’accélérer l’émergence de projets d’infrastructures venant consolider la croissance des pays de la zone MENA : « Nous ne prétendons pas que le PPP est un modèle universel en matière de financement d’infrastructures, a-t-il déclaré lors de la conférence de la FEMIP. C’est une technique de financement innovante qui peut permettre de mieux répartir les responsabilités. » Il a également exprimé très clairement ses conditions aux dirigeants : contrairement à ce que prévoyait le projet d’union pour la Méditerranée, il n’est plus question d’essayer d’avancer groupés avec des pays réfractaires aux réformes. Désormais, les investissements et les efforts de la BEI se concentreront sur les pays déterminés à assainir le climat des affaires.
Un partenariat inclusif
Le volet économique de ce partenariat a été précisé à l’occasion de la réunion des ministres des Finances du G7, qui s’est tenue à Marseille le 10 septembre 2011 : « Aujourd’hui, nous avons lancé le pilier économique de ce partenariat et annoncé son élargissement à l’ensemble des partenaires concernés. L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et la Turquie ont rejoint le partenariat de Deauville en soutenant les pays du partenariat engagés dans un processus de transformation politique et économique, à savoir l’Égypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie. Neuf
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a également souhaité élargir son champ d’action traditionnel en direction des pays de la zone