La faible croissance (1 % en 2014, à peine plus attendu en 2015) et la faible inflation (0,5 %) de la zone euro sont dues à une multiplicité de causes. D’abord, l’organisation institutionnelle. Tous les pays de la zone euro, depuis la crise de 2007-2008, doivent assurer leur équilibre extérieur. Mais certains de ces pays (France, Espagne, Grèce, Portugal, Italie) ont une industrie de petite taille et qui continue à se contracter. Pour équilibrer leur balance courante, une seule méthode : déprimer la demande intérieure et les importations.
Par ailleurs, on observe partout dans la zone euro le ralentissement des gains de productivité et du progrès technique (de la productivité globale des facteurs), ce qui est surprenant avec le développement des nouvelles technologies. Il entraîne une croissance faible à la fois du côté de l'offre et de la demande.
Enfin, les pays de la zone euro sont affligés de caractéristiques spécifiques défavorables à la croissance : en Allemagne, faible hausse des salaires réels ; aux Pays-Bas, crise immobilière ; en Finlande, chute de l’industrie de l’électronique ; en France et en Italie, handicaps de compétitivité et de profitabilité ; en Espagne, pertes d’emplois dans le secteur de la construction.
Tout ceci conduit évidemment à une croissance faible, à un chômage restant élevé, et une inflation très faible. La BCE est donc obligée d’agir, d’où les mesures prises en juin 2014 (destérilisation, baisse des taux directeurs, nouveaux repos à 4 ans), et très probablement d’autres annonces avant la fin de l'année (achats d’ABS, Quantitative Easing basé sur des achats de dettes privées).
Vu les causes de la croissance et de l’inflation faibles, la croissance lente de la zone euro n’est pas due à une insuffisance de liquidité: les banques ne manquent absolument pas de liquidité, puisqu’elles remboursent leurs repos à la BCE (voir Graphique 1). Or la politique de la BCE consiste toujours en une tentative d’accroissement de la liquidité des banques.