L’e-réputation est une composante de la réputation de l’entreprise et est définie comme « l’ensemble des techniques et stratégies de gestion de l’identité numérique. Elle rassemble, dans une véritable politique Internet, les leviers pour créer, développer, évaluer et rendre utile l’image de l’entreprise en
Selon l’Argus de l’assurance, une enquête de l’
Une opportunité de conquête et de fidélisation fondée sur la confiance
Le client est devenu prescripteur sur Internet
Quel que soit le canal d’achat choisi, avant de souscrire un contrat d’assurance, le consommateur se renseigne sur la réputation de l’assureur et sur la qualité de ses prestations. Pour cela, l’internaute se réfère aux témoignages concernant l’assureur sur les médias sociaux : on parle de « social
L’expression du client concernant l’entreprise d’assurance sur les médias sociaux peut donc constituer un accélérateur de conquête, de développement du portefeuille et de fidélisation des clients. D’où l’importance d’identifier les leaders d’opinion, les « clients ambassadeurs », et de les rassembler autour de la marque afin de développer et de protéger son e-réputation. Les « clients ambassadeurs » présents sur les pages médias des compagnies recommandent et défendent l’assureur en cas de commentaires négatifs.
Outil de dialogue avec le client
Les médias sociaux constituent une source d’information pour l’ensemble des services marketing ; ils permettent d’étudier les comportements, les attentes et les besoins futurs des consommateurs.
Les internautes attendent que l’entreprise soit active sur Internet, qu’elle engage le dialogue avec les communautés sur des sujets extérieurs ou pas à l’entreprise, sous un format plus ludique. Ainsi, l’Observatoire des médias sociaux, dans son rapport 2011 portant sur les médias sociaux et la connaissance
- 73 % des internautes sont prêts à partager des informations personnelles avec leurs marques préférées en échange d'avantages personnalisés ;
- 63 % souhaitent pouvoir créer un profil personnalisé sur le site des marques qui les intéressent afin de pouvoir être reconnus à chaque visite et bénéficier d'offres sur mesure ;
- enfin, 69 % des consommateurs désirent pouvoir poursuivre sur la toile une relation entamée en magasin ou au téléphone.
D’autres assureurs, tels qu’Amaguiz, sollicitent directement les suggestions d’amélioration ou d’innovation de leurs clients, en leur permettant de poster des messages sur leur site pour donner leur avis. Enfin, la sollicitation des leaders d’opinion ou des ambassadeurs permet aux entreprises de valider les qualités des services ou produits en avant-première et de s’assurer de leur succès ou de leur échec.
Outil d'amélioration du service client
Sur les médias sociaux, les « internautes-consommateurs » peuvent être amenés à exprimer leur satisfaction ou leur mécontentement. Ce dernier peut être une source d’amélioration pour l’entreprise. Ainsi, le courtier Solly Azar a mené un audit sur le Web 2.0 qui a montré la nécessité de promouvoir une meilleure compréhension des procédures de remboursement jugées longues par les consommateurs du fait de dossiers incomplets. L’entreprise a mis en place des fiches pratiques expliquant les pièces à fournir systématiquement et la disponibilité des équipes a été renforcée avec la mise en place d’une boîte mail
De nouveaux canaux de distribution
Le secteur de la distribution a déjà franchi le pas de la commercialisation sur Facebook, à l’instar de La Redoute, qui propose à ses clients de payer de leurs achats sans quitter leur page Facebook, via une carte bancaire ou Paypal.
Un des analystes de Gartner, Juergen Weiss, estime que d’ici à 2014, un des principaux réseaux sociaux, en l’occurrence Facebook, devrait se lancer dans le business des
L'e-réputation: un levier de profitabilité fragile
Des menaces identiques pour les assureurs et les industriels
Warren Buffet a bien souligné l’impact d’une réputation négative : « Il faut 20 ans pour construire une réputation et 5 minutes pour la détruire. » 70 % de l’e-réputation d’une entreprise est conditionnée par la première page Google.
L’e-réputation positive génère des opportunités de conquête, de développement et de fidélisation de la clientèle. A contrario, l’e-réputation négative peut avoir des effets
Selon une étude TNS Sofres mandatée par le Top Com Corporate Business 2008, 44 % des internautes affirment même qu’ils « aiment utiliser Internet pour peser sur le comportement des entreprises », notamment lorsqu’ils estiment que l’entreprise a mal
La cartographie des contributeurs en matière d’e-réputation est donc nécessaire afin d’appréhender les risques, les anticiper, et mettre en place les stratégies adéquates. C’est en ce sens que le risk manager de l’entreprise a un rôle clé à jouer dans la prévention du risque. Or, la tâche n’est pas simple dès lors l’e-réputation constitue un risque difficile à mesurer et à appréhender, car les attaques peuvent venir de différents types d’ennemis et peuvent concerner tous les services de l’entreprise (produit, service après-vente, tarification, accueil client…), en prenant des proportions importantes pouvant impacter la rentabilité de l’entreprise.
Stratégies de protection : anticipation, innovation, et réactivité
Chaque assureur a défini sa propre stratégie de communication et de gestion d’e-réputation, mais il existe quelques constantes. La veille est un élément important en matière de prévention, d’analyse et d’évaluation du risque (surveillance de la marque, des concurrents, du marché et des clients…), dans la mesure où elle détecte les informations pouvant générer des buzz négatifs et permet de prévenir, d’éviter ou de limiter les risques d’e-réputation négatives. Ces stratégies sont d’autant plus efficaces qu’elles reposent sur une méthode définie de prévention, d’anticipation, d’organisation et de communication de l’entreprise. À ce titre, la définition du rôle du risk manager et sa position dans les comités de direction sont centrales. La mise en place d’une cellule de crise permettant d’avoir une communication de crise efficace et pertinente est souvent nécessaire. En cas d’attaque, il faut réagir vite, choisir la bonne stratégie de communication sur les médias sociaux sans négliger les grands carrefours d’audience, au risque de perdre en légitimité et en image.
Le principe du « droit à l’oubli » est difficile à appliquer sur Internet, dans la mesure où celui-ci a une mémoire. De plus, les actions judiciaires sont plus longues à mettre en place ou à faire aboutir, en raison de l’absence de frontières, de la pluralité des règles juridiques et de l’internationalisation d’Internet. Il est donc conseillé de mettre en place une synergie de moyens technico-juridiques afin de s’assurer de la réussite des actions menées, et de privilégier les procédures amiables sur les procédures judiciaires : l’utilisation du droit n'est préconisée par les spécialistes que comme dernier recours.
L’approche transversale du risque est également nécessaire, car toutes les structures internes de l’entreprise sont concernées. La sensibilisation des salariés est importante, dans la mesure où ils constituent des acteurs directs ou indirects de l’e-réputation de l’entreprise. Toutefois, il n’y a pas de type prédéfini ou idéal de sensibilisation des salariés, chaque assureur ayant ses propres stratégies de communication. Ainsi, selon Albéric Guigou, spécialiste de l’e-réputation, intervenant lors de l’IT for Business Forum 2011, « une entreprise qui ferme la porte des réseaux sociaux est virtuellement condamnée, tant en termes d’attractivité que de création d’intelligence collective ». Les salariés ayant un devoir de loyauté auprès de leurs entreprises, il est nécessaire de communiquer sur les risques liés à une communication ou à une atteinte à l’image de l’entreprise de leur part. Certains assureurs ont prévu une charte des médias sociaux ayant pour but de sensibiliser les acteurs de l’entreprise, à l’instar d’AXA qui a rendu publique la charte de l’entreprise intitulée « Guide du bon sens numérique ».
La profitabilité repose sur une stratégie active sur le Web 2.0.
Les stratégies d'influence actives
Pour gérer efficacement leur réputation, les compagnies doivent prendre en compte l’influence d'Internet. En effet, tout individu est un internaute et tout internaute est désormais un consommateur citoyen averti, pensant, agissant, outillé, prêt à se faire entendre et à rehausser ou à altérer l’image et la réalité d’une entreprise d’assurance.
L’augmentation de la visibilité et donc de l’e-réputation sur les médias sociaux passe par la création et la gestion d’une identité numérique claire et positive. Gagner en visibilité en étant présent sur différents médias sociaux a également un impact sur le référencement naturel, facteur de trafic et de notoriété pour l’assureur. L’identité numérique d’une marque se définit « à partir de toutes les traces numériques que l’on peut trouver sur le Net pour cette marque ou cette
- une politique de noms de domaine cohérente et sécurisée ;
- un bon ciblage de la communication (adéquation du message à chaque vecteur choisi : réseaux sociaux, blogs influents…) ;
- une surveillance constante et active fondée sur des méthodes, outils et procédures définis par les compagnies et assurant un suivi au jour le jour des sites, blogs et forums.
La stratégie d’échange de Malakoff Médéric peut être citée à titre d’exemple. L’assureur a opté pour une intégration sur Facebook, en travaillant sur la relation client. Une équipe d’experts a été mise en place pour engager le dialogue avec la communauté et échanger autour de thématiques liées à la retraite et à la santé. Cette équipe, appelée « les experts », est investie et disponible pour les internautes, de telle sorte qu’aucune requête n'est laissée sans réponse. Cette stratégie s’est avérée payante, Malakoff Médéric étant l’assureur qui a le plus de membres actifs sur
Les stratégies d'avenir : les nouveaux médias
Les médias sociaux et les supports qui permettent leur diffusion (tablettes, mobiles, ordinateurs portables…) modifient les comportements d’achat et de préachat.
Les mobiles. Avec la nouvelle génération de smartphones, l’e-consommateur est libre d’acheter quand il veut et où il veut. Plus d’un « mobinaute » sur trois surfe depuis son mobile en magasin, et près d’un sur quatre déclare avoir effectué un achat sur son
Les agents virtuels. Internet est un canal qui s'humanise rapidement. On voit apparaître de plus en plus d’agents virtuels sur les sites des marques prêts à répondre instantanément aux consommateurs, comme Emma, l’agent virtuel de MMA. Un agent virtuel est « un personnage virtuel, doté le plus souvent de la parole, et utilisé lors de l’accueil sur un site, lors d’un argumentaire produit ou lors d’un processus d’
Le social gaming. « Les social games sont des jeux vidéo multijoueurs reposant sur des plates-formes sociales afin d’intégrer une forte dynamique communautaire dans leur gameplay et de proposer une expérience de jeux exploitant le graphe social des
Comment développer l'usage du Web 2.0. ?
Le développement de l’usage du Web 2.0 doit tenir compte des éléments de contexte que sont : la stratégie de l’entreprise, le coût de développement pour l’entreprise, l’environnement global (les contraintes réglementaires, les concurrents…), le temps de mise en œuvre par rapport à l’évolution du marché, les attentes des clients, le savoir-faire Web 2.0. dans l’entreprise.
La conquête de nouveaux clients grâce à l’e-réputation peut être développée selon trois axes :
La présence sur les grands carrefours d’audience et la création d’événements sur les réseaux sociaux pour capter plus de flux, fidéliser, et augmenter la visibilité (par exemple, avec des offres en avant-première).
- par l’investissement dans l’e-mobile : canal de vente offrant des possibilités de paiement, d’assistance, de déclaration de sinistre, de contact avec un conseiller ;
- par l’investissement dans la formation des téléopérateurs : le téléphone est le canal le plus utilisé (51 %), avant le contact
physique (25 %) ;[27] - par le développement de la synergie multicanal et la transversalité des réseaux : plus de 90 % des consommateurs utilisent plusieurs canaux de communication et de distribution des
produits .[28]
L'efficacité de l'action de conquête est conditionnée par la défense de l'e-réputation :
L’écoute, l’analyse et la mesure de la satisfaction client sur le Web 2.0 s’appuie sur l’emploi de divers outils : veille sur Internet et sur les réseaux sociaux d’affluence (Facebook, Twitter…), baromètre de satisfaction, possibilité offerte aux clients d’envoyer des SMS ou e-mails d’appréciation suite à leur expérience avec la marque quel que soit le canal utilisé et de recevoir une réponse automatique en temps réel.
Intégrer l'e-réputation dans les processus : un défi
L’e-réputation est une source d’opportunités de conquête et de fidélisation, mais également d’amélioration de la qualité des services et des offres de l’assureur. Comme l’indique Gérard Andreck, président de la Macif et du GEMA, en parlant des réseaux sociaux, « c’est l’avenir de l’assurance que de ne pas sous-estimer ce
Pour développer l’e-réputation, la diversification pertinente de la présence sur Internet et les médias sociaux constitue un moyen de gagner en visibilité, en notoriété et en chiffre d’affaires, grâce au référencement naturel que procure le Web 2.0.
Sur les médias sociaux, les approches et les types de communication choisis pour communiquer avec les assurés sont divers. Les clients ont besoin de liens avec leur assureur, et d’une multi- accessibilité de celui-ci via ses différents canaux de contacts. Il n’y a pas de canal privilégié : les canaux de distribution sont complémentaires. En outre, quel que soit le canal de contact utilisé, c’est la marque qui est retenue par le client.
« L’e-client » est devenu un acteur direct dans l’évolution des produits et dans l’amélioration de la qualité de service de l’assureur. Il attend de l’assureur d’être reconnu en tant que client, mieux même, en tant que partenaire. Afin de répondre aux besoins de la clientèle, l’assureur doit accompagner son développement de la « transformation
L’e-réputation constitue aussi un risque de nuisance, qui doit être maîtrisé au moyen de dispositifs de prévention et de protection efficaces. La réactivité de l’assureur en matière de communication et de gestion de crise est déterminante dans la protection de l’image de l’entreprise. L’efficacité de la protection de la réputation de l’entreprise nécessite une implication de la direction générale et une intégration de l’action de protection et de prévention de l’e-réputation dans la stratégie globale de l’entreprise. L’e-réputation exige une approche transversale qui requiert l’adhésion des salariés de l’entreprise, dans la mesure où ils constituent eux-mêmes des acteurs directs ou indirects de l’e-réputation.
L’e-réputation positive ou négative constitue donc une source d’amélioration des offres de produits et de services d’une compagnie d’assurance. Le plus difficile est d’intégrer cette orientation dans ses processus et son business model. Les types de réclamation n’ont pas changé, mais les supports de transmission de l’information ont évolué, ce qui nécessite des anticipations et des adaptations permanentes de l’assureur.