Perspectives

Vers une finance quantique ?

Créé le

13.07.2016

-

Mis à jour le

01.09.2016

À la jonction entre l’économie et la physique quantique se trouve la finance quantique. Ce domaine de recherche encore très expérimental veut appliquer la puissance des ordinateurs quantiques pour la résolution de problèmes d’algorithmique financière. « Les services financiers sont un environnement riche en données. » rappelle Kevin Hanley, directeur du design à la RBS (Royal Bank of Scotland. « Le temps, c’est de l’argent, et la possibilité d’analyser rapidement de la donnée pourrait avoir un bénéfice énorme pour nos clients. » En donnant la possibilité de calculer en théorie des billions de positions par seconde, l’ordinateur quantique serait la solution idéale pour simuler rapidement toutes les alternatives de trading. Si les outils actuels ne sont pas encore matures, cela n’empêche pas la RBS, Goldman Sach, Guggenheim Partners ou la Banque d’Australie d’investir dans ce domaine. « Nous pouvons construire un portefeuille optimal aujourd’hui, mais demain il ne sera plus optimal et devra être reconstruit, ce qui coûte cher. » estime Marcos Lopez de Prado, l’un des directeurs de Guggenheim Partners. Ce à quoi répond Colin Williams, responsable du développement de D-Wave : « Si vous pouvez prédire le taux de change entre le franc suisse et le dollar américain un dixième de cent plus fiable, alors la valeur gagnée n’est pas dans l’ordinateur, mais dans la dépense économisée. Dans le monde financier, si vous trouvez un avantage algorithmique pour résoudre un problème, vous bénéficiez d’un énorme avantage sur la compétition. » Et au-delà de D-Wave, d’autres sociétés telles que Cambridge Quantum, Qx Branch (éditeur spécialisé dans l’analyse financière) ou Rigetti s’intéressent également aux ordinateurs quantiques, et plus particulièrement à leurs applications dans le monde boursier.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº799.