Une complexité de plus en plus dénoncée en Europe

Créé le

22.04.2014

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Mis à jour le

22.05.2015

La complexité des  états financiers en IFRS vient de faire l’objet d’un bulletin commun élaboré par l’Efrag (L’European Financial Reporting Advisory Group) et les normalisateurs comptables nationaux  français (ANC), allemand (DRSC), britannique (FRC) et italien (OIC). Ce rapport, publié le 10 février 2014, confirme que le débat sur les normes internationales dépasse largement le cadre français.  Le bulletin est destiné à encourager les discussions sur les normes et  appelle les parties prenantes à formuler leurs commentaires. Cette consultation servira à donner plus de poids aux européens dans le débat sur le cadre conceptuel des normes internationales, initié par l’IASB.  Le bulletin commun rappelle que bon nombres de rapports publiés au sein de l’Union font état de la complexité des normes IFRS. Il analyse les causes de la complexité de façon détaillée et  propose que  le cadre conceptuel de l’IASB prenne en compte ce problème et rende l’utilisation des normes aussi facile que possible.  Il relève, entre autres, que la complexité est en partie due à la sophistication grandissante des transactions, mais aussi à la multitude de détails pris en compte dans les normes  ou encore à une formulation absconse qui rend les standards incompréhensibles.

 

Par ailleurs, coté utilisateurs, la complexité des normes a également été l’argument principal en défaveur des IFRS dans une étude à paraître en mai 2014 sur ces normes et les PME-ETI cotées. L’étude élaborée par Mathieu Canonier, mandaté par l’ANC, et Laurence Gialdini, enseignant-chercheur co-responsable du pôle finance de l’ESDES (École de Management Université Catholique de Lyon), consistait à récolter les observations de six CAC experts comptables et une trentaine de récits de pratiques de dirigeants d’entreprises concernées. Il en est ressorti là encore une forte complexité de mise en œuvre,  mais aussi le fait que les IFRS  provoqueraient plus de volatilité  dans les postes du bilan et du compte de résultat. Ces normes rendraient même les comptes moins lisibles et  entraîneraient une gestion plus court termiste. Elles auraient été pensées pour les grandes entreprises et par conséquent, elles resteraient incompatibles avec la réalité des PME-ETI.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº772