Les taux d’intérêt ont à nouveau atteint cet été des niveaux historiquement bas, au regard des fondamentaux économiques. Ces niveaux s’expliquent par une politique monétaire exceptionnelle de part et d’autre de l’Atlantique : taux d’intérêt quasiment nuls, politiques non conventionnelles de fourniture de liquidité, achats massifs de titres de dette publique. Les chiffres d’activité décevants en cette fin d’été, puis l’annonce le 10 août de la Réserve Fédérale de son intention de réinvestir en titres du Trésor les MBS à son bilan qui arrivent à échéance ont amplifié le mouvement de baisse des taux longs et de fuite vers la liquidité, aux États-Unis comme dans les pays considérés comme les plus sûrs de la zone euro.
Les achats de titres par les banques centrales peuvent-ils être considérés responsables de la baisse des taux d’intérêt ? Une étude récente de la
Peut-on s’attendre dans ces conditions, à des taux durablement bas, ou bien craindre une brusque remontée des taux et un krach obligataire analogue à celui de 1994 ? Il est clair qu’un changement de discours des banquiers centraux, à plus ou moins longue échéance, quant à la poursuite d’une politique monétaire très expansionniste, pourrait déclencher une remontée des taux et un aplatissement de la courbe. Mais la violence de l’épisode de 1994 a peu de chances de se reproduire. Le contexte était en effet très différent : manque de communication préalable de la Fed, fortes positions spéculatives prises par les opérateurs financiers... Par ailleurs, les banques centrales sont aujourd’hui dans la nécessité absolue de ne pas voir remonter trop vite les taux longs, sous peine de risquer de grever fortement la croissance, encore peu pérenne.