Ces deux dernières années resteront dans les mémoires, à bien des égards. La pandémie de Covid-19 a frappé de plein fouet tous les pays. Elle a contraint les gouvernements, les banques centrales et les banques commerciales à prendre des mesures sans précédent pour soutenir l’économie. C’est dans cette période intense que Société Générale s’est appuyée sur sa raison d’être pour en faire un moteur de son développement : « Construire ensemble, avec nos clients, un avenir meilleur et durable en apportant des solutions financières responsables et innovantes. »
Malgré la crise, pour mettre en action cette raison d’être, nous avons resserré les liens avec les parties prenantes internes et externes et cherché à mieux répondre à leurs attentes croissantes de durabilité, dans un monde où le développement économique est devenu indissociable d’une forte sensibilité aux conditions environnementales et sociales de sa réalisation. Cette crise a mis en exergue le rôle essentiel joué par les banques dans le financement de l’économie et l’importance du soutien qu’elles apportent à leurs clients, dans leurs projets et dans leur développement.
Les mesures de relance envisagées depuis posent des questions nouvelles sur la trajectoire d’une économie qui se doit de programmer sa décarbonation à l’horizon des 20-30 prochaines années. Face à l’urgence du changement climatique, il est plus que jamais nécessaire d’agir. Cette conscience de l’urgence est désormais largement partagée, y compris dans les secteurs d’activité pour lesquels les défis technologiques sont les plus importants.
Un poste d’observation et d’action sur la franchise énergie
Nous accompagnons tous les secteurs de l’économie. C’est l’occasion de constater dans les échanges avec nos clients à quel point ce nouveau paradigme peut être source d’inquiétude, mais aussi source d’immenses opportunités. Pour certains secteurs, c’est une véritable révolution. La franchise remarquée du groupe sur le secteur de l’énergie est une force sur laquelle nous nous appuyons pour accompagner ces profondes transformations et apporter des solutions à leur financement. C’est dans ce rôle que nos clients nous attendent et c’est là que nous devons être pour répondre à notre ambition d’être leader de la transition énergétique. Nous sommes activement engagés en tant que banque responsable à renforcer notre action en faveur d’un développement durable, socialement juste.
Depuis plusieurs années, nous poursuivons une démarche d’amélioration continue en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE) et renforçons régulièrement notre capacité à prendre en compte les enjeux de durabilité. Aujourd’hui, nous voulons accélérer et intensifier notre démarche. À la clef, une évolution de notre modèle dans le sens de notre raison d’être, en intégrant de plus en plus la notion d’impact positif dans nos offres de conseil, de financement et d’investissement. Très concrètement, cela veut dire créer de nouvelles solutions financières, en recherchant une compréhension plus globale des besoins environnementaux, sociaux et économiques qui nous entourent, en soutenant de nouveaux modèles d’affaires qui produiront les impacts recherchés par les objectifs de développement durables des Nations unies.
Les coalitions pour l’intelligence collective
Cette action est à plusieurs niveaux. Tout d’abord en contribuant à des coalitions réunissant des industriels, des acteurs financiers et des pouvoirs publics. À travers ces coalitions, nous partageons les réflexions et les solutions qui semblent le plus adaptées pour répondre aux enjeux spécifiques de chaque secteur et aux enjeux de développement des pays où nous sommes présents. Nous agissons aussi sur nos processus internes en définissant des politiques et règles qui encadrent l’exercice de nos activités. Ces politiques sont ensuite déclinées dans notre organisation avec une gouvernance robuste. Nous misons sur la capacité d’innovation de nos équipes, qui visent à saisir les opportunités et qui, dans leur démarche de recherche et développement, sont justement en train de d’enrichir l’offre de produits et de services, afin de permettre à nos clients de réaliser leurs ambitions en matière de durabilité.
Les coalitions sont un moyen d’encourager et de faire grandir les réflexions sur la durabilité et la notion d’impact. Elles créent une dynamique sur laquelle s’appuyer, un élan souvent partagé à l’échelle des acteurs d’un même secteur de l’économie. C’est d’ailleurs en tant que tel l’un des objectifs de développement durable de l’ONU (ODD 17) que de mobiliser ces ressources, favoriser la coopération scientifique et technologique et développer des partenariats. Nous avons besoin de l’intelligence collective et de l’ensemble des talents et compétences pour relever les défis que représentent les ODD. Et comme le rappelait à juste titre le premier rapport du Network for greening the financial system, la lutte contre le changement climatique ne peut être le sujet de la seule sphère financière : il nécessite l’action conjointe des gouvernements, des banques centrales et des superviseurs, des acteurs de marché, des entreprises et des ménages.
Une méthodologie robuste sur l’alignement en open source
Société Générale a été l’une des premières banques à rejoindre l’initiative financière du Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP-FI). Elle a aussi de longue date adopté les principes de l’Équateur, qui inscrivent les activités de financements de projets conduites par le groupe dans le respect de lignes directrices en matière de maîtrise des impacts environnementaux et sociaux. Dans la durée, notre conviction s’est encore renforcée concernant l’intérêt de participer à ces coalitions. Elles créent des standards communs et permettent de définir des objectifs collectifs ambitieux.
Ainsi, avec quatre autres institutions financières, nous nous sommes engagés à Katowice, lors de la Cop24 en 2018, à définir une méthode scientifique pour mesurer l’alignement sur les objectifs de l’Accord de Paris. Ces travaux, menés en partenariat avec le think tank 2 Degrees Investing Initiative, ont abouti à documenter une méthodologie robuste, open source et applicable à tous les acteurs bancaires
Engagements autour de l’hydrogène, le transport maritime ou l’acier
Plus récemment, en avril 2021, nous avons rejoint en tant que membre fondateur la Net Zero Banking Alliance. Nous avons ainsi décidé de renforcer notre action pour le climat en faisant en sorte d’aligner nos portefeuilles avec des trajectoires compatibles avec une neutralité carbone globale d’ici 2050. Dans la mise en œuvre de cet engagement, nous nous attachons à définir des objectifs d’alignement intermédiaires, en traitant en priorité les portefeuilles les plus émetteurs de CO2.
Certaines initiatives nous permettent de construire, en interaction directe avec nos clients, ces solutions visant un impact positif sur le climat et l’environnement. Nous avons ainsi rejoint le Conseil de l’hydrogène, qui dessine les structures de financement et d’investissement solides pour les futurs projets dédiés aux technologies autour de l’utilisation de l’hydrogène comme diversification des sources d’énergie. Nous soutenons la décarbonation du transport maritime à travers les Poseidon Principles. Miroir de ce qui est fait dans le transport maritime, nous avons constitué un groupe de travail pour établir un accord de financement commun visant à réduire l’empreinte carbone du secteur de l’acier, la Steel Climate-Aligned Finance Working Group.
Zoom sur le marché de l’énergie
En nous appuyant sur ces travaux méthodologiques, en visant à comprendre les enjeux industriels de nos clients et plus largement les impacts environnementaux et sociaux de nos activités de crédit, nous avons déjà pris des décisions engageantes en termes d’alignement de nos portefeuilles sur les objectifs de l’Accord de Paris.
Secteur du charbon : nous avons été l’une des premières banques au monde à réduire notre exposition au secteur du charbon. Notre objectif est désormais de réduire à zéro notre exposition à ce secteur d’ici 2030 dans les pays de l’Union européenne (UE) et de l’OCDE, et d’ici 2040 dans le reste du monde.
Secteur de l’extraction du pétrole et du gaz : en 2020, le groupe a franchi une étape importante en s’engageant à réduire de 10 % d’ici 2025 son exposition globale au secteur de l’extraction du pétrole et du gaz. Société Générale est une des premières banques mondiales à annoncer un objectif concret et à court terme dans ce domaine. Dans ce cadre, le groupe a décidé l’arrêt du financement de l’extraction de pétrole et gaz onshore aux États-Unis. Nous avons également renforcé nos engagements en portant nos efforts de réduction d’exposition à l’ensemble des pétroles et gaz de schiste, sables bitumineux, pétroles en Arctique, pétroles en Amazonie équatorienne, pétroles bruts extra-lourds.
Secteur de la génération d’électricité : le groupe s’engage à réduire l’intensité d’émission de ses financements liés à la production d’électricité de 18 % en 2025 et de 76 % en 2040 par rapport au niveau de fin 2019. L’objectif fixé pour 2025 est bien plus ambitieux que la cible mondiale de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour les mêmes échéances. Ceci est rendu possible par une évolution du mix énergétique financé par le groupe, qui traduit d’une part la politique volontariste de sortie du charbon, de l’autre un positionnement de leadership dans le domaine des énergies renouvelables.
Des opportunités avec de nouveaux outils de financement
La cible fixée pour le secteur de la génération d’électricité est très représentative des opportunités pour l’activité bancaire. En effet, le véritable levier de la transition est d’accompagner et de soutenir les entreprises qui investissent et font évoluer leur modèle d’affaires. Exemple pour les énergéticiens : leur capacité à diversifier leur offre et réduire la dépendance aux énergies fossiles. L’alignement sur les objectifs de l’Accord de Paris vise une réallocation des portefeuilles, qui sera atteinte par une orientation de l’octroi de crédit, mais surtout par la transition de nos clients.
Ainsi, en complément, de cette cible sur le mix énergétique financé, nous sommes-nous engagés à contribuer à lever 120 milliards d’euros entre 2019 et 2023, pour financer la transition énergétique et continuer à réduire les émissions de nos activités de financement de production d’électricité. La transformation de cet objectif est liée à une palette variée de solutions de financement durable. Elle comprend des offres de crédits, dont les crédits à impact, l’accompagnement des émetteurs sur les programmes d’émissions obligataires avec un savoir-faire sur les greens bonds qui respecte les standards de marché les plus exigeants et sur les sustainability linked bonds. C’est aussi une offre de conseil, qui s’appuie sur la franchise de Société Générale en matière d’accompagnement de la transition énergétique et notre statut de financeur de premier plan du secteur des énergies renouvelables. La forte demande sur ces produits et solutions s’est continuellement renforcée et nous sommes en avance sur la réalisation de notre engagement.
Hausse de la croissance verte dans les revenus
L’AIE prévoit que l’investissement annuel pour la transition énergétique doit passer d’un peu plus de 2 milliards de dollars actuellement à 5 milliards de dollars d’ici 2030. L’ensemble de ces besoins de financement ne sera pas intégralement fourni par les banques, mais il apparaît de plus en plus que cet investissement constitue une vraie opportunité, avec un besoin soutenu jusque dans les années 2050. Un récent rapport d’Autonomous Research (septembre 2021) estime que la croissance verte sera une opportunité de croissance des revenus des grandes banques internationales.
Convaincus que la RSE est tout à la fois une attente forte des parties prenantes et une opportunité de développement, nous avons déjà annoncé que l’ambition de Société Générale en tant que banque responsable sera l’un des piliers majeurs du prochain plan stratégique à horizon 2025. L’ensemble des métiers du groupe, dans les territoires où ils sont présents, mobilisent leurs savoir-faire en termes d’ingénierie financière et d’innovation pour continuer à développer des solutions nouvelles de financement et d’investissement responsables. Cette offre permet déjà de répondre, partout dans le monde, à la demande croissante des clients, qu’ils soient entreprises, investisseurs ou particuliers, d’avoir un impact positif sur le développement durable de l’économie et les évolutions sociétales (par exemple, en matière de mobilité électrique, d’hydrogène, de stockage de l’énergie renouvelable, etc.).
Une approche pionnière et collective
Dans la banque de détail, dans le cadre de la fusion en cours des réseaux Crédit du Nord et Société Générale, des équipes dédiées seront mises en place pour accompagner nos clients dans la transition énergétique et faire bénéficier les ETI et PME de l’expérience de Société Générale, numéro 1 mondial dans le conseil de financement des énergies renouvelables des grands groupes. Société Générale est aussi la seule banque en France à proposer une offre de produits d’épargne totalement ISR en architecture ouverte.
En matière de transport, notre filiale ALD Automotive réinvente la mobilité, en s’engageant à accompagner ses clients avec des solutions innovantes et durables et des flottes respectueuses de l'environnement.
C’est cette approche, pionnière et collective, qui nous a permis de faire évoluer nos métiers, d’appréhender les risques et de saisir les opportunités que représente la transition écologique. Tout notre groupe est tendu vers cet objectif et nous allons accélérer dans ce sens, pour contribuer plus que jamais à la lutte contre le changement climatique, pour notre génération et les générations à venir.