Le modèle de financement de CoopEst s’inspire de celui de certains fonds de la Banque Mondiale et repose sur la titrisation des prêts à long terme accordés aux institutions financières créancières de l’économie sociale. Le passif de CoopEst se partage ainsi entre :
- les fondateurs qui ont investi en capital et portent l’essentiel du risque;
- la Banque Mondiale qui, via la Société financière de financement, a souscrit aux tranches subordonnées de l’émission et sert ainsi de garantie;
- les investisseurs seniors qui ne prennent presque aucun risque.
Si au départ, les interventions envisagées étaient très vastes (fonds propres, quasi-fonds propres, subventions…), la réalité du terrain a recentré les outils sur des prêts à long terme aux institutions de financement. En revanche, la liste de ces institutions s’est agrandie pour mieux s’adapter au paysage de chaque pays : ainsi, au-delà des banques coopératives que CoopEst avait initialement prévu d’aider, ce sont aussi les associations d’épargne-crédit (credit unions), les institutions de microfinance et les mutuelles d’assurances (pour leur activité en faveur des PME) qui ont été soutenues. « Nous avons opté pour un modèle très souple où nous identifions les institutions de petite taille ou qui se lancent, avec pour objectif de financer l’économie sociale, tout en n’étant pas dogmatiques sur la définition d’économie sociale », résume Yaël Zlotowski.
CoopEst est actuellement actif sur six pays, mais son champ de prospection a été élargi face à la forte demande : il recouvre tous les nouveaux pays membres de l’UE (hors Malte et Chypre), les pays candidats, ainsi que ceux ayant signé un traité d’association avec l’UE (Albanie, Serbie, Bosnie), ainsi que la Moldavie et l’Ukraine. Fin août 2010, ce sont près de 21 millions d’euros de prêts long terme, parfois subordonnés, qui ont été accordés.