Témoignage d’Hervé Cronel, Conseiller spécial chargé de l’économie et du développement, Cabinet du secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie.

Créé le

09.12.2013

-

Mis à jour le

13.01.2014

Dès la création de l’Organisation internationale de la francophonie par le traité de Niamey de 1970, la dimension économique a existé dans l’idée même de francophonie. Mais par le hasard de l’histoire et des crises, les problèmes culturels puis ceux des droits de l’homme et de la démocratie ont tenu la première place. Pourtant, dès la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin, cette dimension économique est revenue progressivement à la surface : il ne peut pas y avoir une francophonie s’il n’y a pas une économie francophone. Le secrétaire général actuel de l’OIF, Abdou Diouf, qui est un ancien ministre du Plan, un ancien ministre des Finances et un ancien président de la République [1] , donc un homme enraciné dans les questions de développement depuis plus de 40 ans, a voulu dès son arrivée donner une impulsion au développement de cette francophonie économique. Chaque fois que des entités francophones, que ce soit les ministères du Commerce, les ministères des Finances, les dispositifs d’innovation se sont constitués en réseaux internationaux, permettant le partage des connaissances, des savoirs, le mouvement des personnes, l’OIF a été présente le plus rapidement possible pour essayer d’apporter d’abord un soutien moral et politique, mais aussi un apport en questionnements venant des pays membres, de la société civile. Ainsi le président Diouf n’a pas hésité à participer au premier sommet bancaire arabo-français, en 2011, puis à la conférence de Marrakech, en 2012. L’OIF a signé en qualité d’observateur la charte de l’Union bancaire francophone.

Autre signe de l’implication de l’OIF dans les questions économiques, lors du sommet de Kinshasa qui s’est tenu en octobre 2012, les chefs d’État ont demandé à l’OIF de présenter pour le sommet de 2014 à Dakar une stratégie économique de la francophonie, c’est-à-dire de déterminer les sujets économiques dans lesquels la francophonie est légitime à intervenir et de faire des propositions, compte tenu des valeurs d’équité, de solidarité, de transparence et de bonne gestion qu’elle défend.

Nous participons donc à l’Union bancaire francophone, parce qu’elle s’inscrit comme un des réseaux francophones économiques parmi les plus intéressants, qu’elle regroupe des entités qui sont en contact avec des usagers, et qu’elle promeut la défense du français en tant que langue économique, juridique, scientifique, technique et non pas seulement comme langue de culture.



 

1 Abdou Diouf fut ministre du Plan et de l’Industrie au Sénégal de 1968 à 1970, puis Premier ministre jusqu’en 1981, et président de la République de 1981 à 2000.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº767
Notes :
1 Abdou Diouf fut ministre du Plan et de l’Industrie au Sénégal de 1968 à 1970, puis Premier ministre jusqu’en 1981, et président de la République de 1981 à 2000.