Le système bancaire parallèle regroupe les activités et les entités participant à l’intermédiation de crédit – transformation de liquidité et/ou de maturité – qui opèrent hors du cadre de la régulation bancaire.
Au début des années 2000, le secteur bancaire parallèle a connu une forte progression, plus rapide même que celle du bilan des banques : le crédit transitant par le système bancaire parallèle a crû, dans l’ensemble des pays développés, de 23 000 milliards de dollars en 2002 à 50 000 milliards en 2007. La crise a inévitablement entraîné une baisse de la taille du système bancaire parallèle en 2008 (à 47 000 milliards de dollars), mais les chiffres plus récents montrent une nouvelle progression en
Raisons d’être économiques du système bancaire parallèle
Le rôle accru joué par le secteur bancaire parallèle dans le financement des économies développées reflète la forte progression de l’endettement avant la crise ainsi qu’une intégration de plus en plus importante du crédit traditionnel et des activités de marchés de capitaux. Dans un discours récent, D.K.
- les banques centrales, principalement des pays émergents, pour constituer des réserves de précaution ou pour la gestion de leur taux de change. Leur demande est principalement orientée vers les bons du trésor américain, mais limite de fait la quantité disponible d’actifs sans risque et liquides pour les autres acteurs ;
- les entreprises non financières, avec des besoins accrus d’actifs liquides suite à des faillites retentissantes d’entreprises (Enron, par exemple) ;
- des investisseurs institutionnels (fonds de pension…), pour faire face à une demande plus importante de collatéral avec le développement de produits élaborés tels que les produits dérivés.
Vers un rôle accru du système bancaire parallèle dans le financement de l’économie de la zone euro ?
Même si l’abondante littérature sur les causes de la crise financière ne se montre pas toujours unanime, il est généralement acquis que les lacunes de la régulation du secteur bancaire parallèle ont participé à la défaillance de la sphère financière en 2008. Malgré cela, la régulation du secteur bancaire parallèle n’a pas fait partie de la première vague des réformes orchestrées par les régulateurs internationaux et nationaux. Ce n’est que plus récemment que le
Et paradoxalement, Bâle III, en voulant renforcer la stabilité des banques, pourrait encourager le développement du secteur bancaire parallèle. En effet, la réglementation en cours de finalisation incitera les banques à moins conserver les créances de leurs clients dans leur bilan et à faire davantage appel à la titrisation. Ce mouvement sera particulièrement important en zone euro, où le financement par les marchés est nettement moins développé qu’outre-Atlantique. Aux États-Unis, avec 24 000 milliards de dollars en 2010, le secteur bancaire parallèle représente plus de 50 % du total des actifs financiers, tandis qu’il en représente moins de 30 % en zone
Les réformes en cours affecteront donc particulièrement l’organisation du financement de l’économie européenne, jusqu’à présent très dépendante des banques pour leur financement. Mais tant que les nouvelles normes prudentielles ne s’appliqueront pas à tous les acteurs des marchés financiers de par le monde, et notamment au secteur bancaire parallèle, les risques sur les marchés financiers resteront élevés tandis que l’accès au financement sera plus contraignant en zone euro.
Réglementation : assurer l’homogénéité tout en préservant la diversité
Afin d’éviter ce simple transfert des risques financiers du secteur bancaire classique vers le secteur parallèle, plusieurs consultations ont été lancées depuis le mois d’avril 2012, notamment par le
Le nouveau cadre réglementaire devra en particulier veiller à respecter un contexte concurrentiel uniforme entre le système bancaire et le système bancaire parallèle, afin d’éviter toute possibilité d’arbitrages réglementaires. Cependant, au-delà du secteur bancaire et du secteur bancaire parallèle, il est important de rappeler que le système financier est composé d’autres acteurs, tels que les assureurs et les fonds de pension, qui jouent un rôle différent mais déterminant pour le financement de l’économie européenne. Et il semble aujourd’hui particulièrement pertinent de préserver cette éco-diversité du système financier, en veillant à ce que la réglementation ne conduise pas les institutions financières à adapter toutes le même comportement. L’économie européenne a besoin de banques pour assumer le risque de transformation, entre des dépôts de court terme et des besoins de financement de long terme. Elle a aussi besoin d’assureurs ou de fonds de pension pour investir sur le long terme de façon contracyclique.