Repères

Le stress-test de la BCE

Créé le

27.10.2021

La grande étude sur l’impact de la transition climatique sur l’économie résumée en une page.

 

4  millions

C’est le nombre d’entreprises non financières prises en compte dans ce stress-test économique. L’exercice mené par la Banque centrale européenne (BCE) concerne également 1 600 banques. L’objectif ? Étudier non seulement le risque physique de l’effet climat, mais également le risque de transition. Le premier couvre les événements climatiques chroniques, comme la montée des eaux ou la hausse des températures, mais aussi le risque d’événements extrêmes, susceptibles par exemple de provoquer la destruction d’actifs. Le risque de transition, lui, résulte de l’évolution du comportement des agents économiques et financiers à la suite de la mise en place de politiques énergétiques ou de changements technologiques liés à l’ambition de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

10 % de PIB en moins

C’est l’impact négatif du risque « physique » sur la croissance économique d’ici 2100 dans l’hypothèse du scénario de la planète étuve. De quoi pousser Luis de Guindos, vice-président de la BCE, à juger « essentiel d’opérer une transition précoce et progressive, afin de pouvoir atténuer le coût de la transition verte et l’impact futur des catastrophes naturelles ». L’étude de la BCE révèle toutefois qu’à court terme, l’absence de décision aurait un effet positif sur l’économie, par suppression notamment du risque de transition, pénalisant à court terme, alors que le risque physique croît avec le temps.

 

La Grèce, terre dangereuse

C’est le pays le plus exposé à l’impact physique, avec plus de 90 % d’entreprises concernées, bien plus par le développement des incendies que par la montée des eaux. Un cran derrière, avec un peu plus de 60 % d’entreprises concernées, l’Espagne et le Portugal. La France, elle, est peu concernée par  ce critère, tout comme l’Allemagne. En revanche, le risque de transition  est assez fort dans notre pays, plus élevé qu’en Allemagne, avec  presque 40 % d’entreprises touchées.

 

Juillet  2022

C’est la prochaine étape pour la BCE. Le 18 octobre, l’institution confirmait par courrier aux grandes banques la tenue d’un stress-test climat sous sa supervision. Il sera mené de mars à juillet 2022. Exercice d’apprentissage, intégré tout de même dans le SREP, non au niveau de besoin en capital, mais des scores sur le Pilier 2, le stress-test vise à « identifier les vulnérabilités, les bonnes pratiques de l’industrie et les challenges affrontés par les banques ». Les établissements devraient rendre des comptes sur les industries fortement émettrices de CO2 qu’ils financent. Il leur faudra aussi évaluer à quel point ils sont vulnérables à une forte hausse des prix du CO2 dans les… trois prochaines années.

 

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº861