La Directive Solvabilité II qui va s’appliquer à compter de 2014 vise à renforcer la protection des clientèles, comme il est affirmé dans son
Or il n’est pas certain, loin de là, que les principes retenus produisent les effets recherchés. Que souhaite en effet le porteur de contrats en assurance vie ?
- la sécurité, c’est-à-dire la certitude que la compagnie d’assurance fera face à ses engagements ;
- une rémunération correcte de son épargne.
Les formules et les calibrations des modèles retenus auront certes pour effet de renforcer le besoin en fonds propres, à allocation d’actifs constante, c’est-à-dire d’augmenter, toutes choses égales par ailleurs, la sécurité de l’épargnant. Mais elles pourraient bien avoir comme conséquence une réallocation des actifs détenus par les compagnies vers des actifs moins coûteux en marge de solvabilité – par exemple, les emprunts d’États européens –, au détriment d’actifs à long terme comme les actions, pourtant plus rémunératrices. Paradoxalement, cette directive visant à renforcer la sécurité pourrait donc conduire à une augmentation du niveau de risque, puisque les emprunts des États européens en difficulté y sont traités au même niveau que les emprunts de l’État allemand, par exemple.
Enfin, l’introduction d’une comptabilisation dite à la juste valeur – on devrait plutôt parler de fausse valeur, vu le degré de fluctuation des valeurs de marché – ne peut qu’augmenter l’effet procyclique de la réglementation, c'est-à-dire rendre le système d’autant plus instable en cas de crise… et ce n’est pas un cautère du type «
C’est donc une réglementation mal adaptée et comportant elle-même des risques sous-jacents certains qui nous est proposée. S’il est trop tard pour la changer, demandons au moins aux autorités de remédier à ses principaux inconvénients dans le cadre des mesures d’application qu’elles s’apprêtent à prendre.