La solidité des banques mise à l’épreuve par les difficultés du souverain : l’exemple grec

Créé le

08.02.2017

-

Mis à jour le

10.02.2017

« La restructuration de la dette grecque en 2012 est l’exemple le plus récent de l’impact que peut avoir le défaut d’un gouvernement de la zone euro sur la stabilité de son secteur bancaire en suivant les pratiques du FMI », souligne le chercheur du CEPS Willem Pieter de Groen, dans une note de mars 2015. La majorité des investisseurs privés de la Grèce avaient ainsi accepté une décote de 50 % des titres qu’ils détenaient – à l’époque, la démarche était volontaire mais la généralisation des clauses d’action collective depuis lors la rendrait aujourd’hui obligatoire. Pour les banques grecques, cela représentait une perte de 38 milliards d’euros, représentant 170 % de leur CET 1. Suite à cette décision, l’intégralité des fonds propres a donc fondu dans la plupart des établissements. Malgré ces pertes, le secteur bancaire grec continue d’être exposé à sa dette domestique pour une valeur équivalant à ses fonds propres, selon la revue des actifs menée par la BCE en 2014. Le cas grec n’est pas une exception, note le chercheur : la moitié des banques de la zone euro détiennent la dette de leur propre État à hauteur d’une à trois fois leurs capitaux propres. Et dans un quart des cas, cette exposition représente même entre 10 et 34 fois leurs fonds propres totaux (voir Graphique).

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº355