Etats-Unis - Europe : deux modèles différents

Le schéma « originate to distribute » remis en cause

Créé le

15.07.2010

Selon les chiffres de l’AFME-ESF, les émissions européennes ont chuté de 40 % en 2009, contre une progression de 45 % aux États-Unis. La structure de financement de l’économie américaine, fortement désintermédiée, joue un rôle dans la capacité du marché à rebondir. « En Europe, il s’agit de faire redémarrer ou de poursuivre le développement de l’ensemble des canaux de financement, la titrisation mais aussi les commercial papers, les obligations sécurisées… Aux États-Unis, la titrisation a une place beaucoup plus structurelle dans le financement de l’économie », explique Nicolas Malaterre de S&P. Par ailleurs, la Fed, à la différence la BCE, a fortement impliqué les investisseurs dans le cadre de son soutien au marché via le programme TALF.

Tout n’est pour autant pas rose outre-Atlantique puisque c’est là-bas que c’est développé le modèle « originate to distribute » qui a à la fois assuré la croissance du marché et contribué à sa déroute : des acteurs du type courtier octroient (« originate ») des prêts aux ménages sans se préoccuper outre mesure des risques car ils cèdent (« distribute ») immédiatement ces créances à des investisseurs. Refondre ce modèle pour tendre vers un schéma plus proche de celui d’Europe continentale où l’émetteur utilise avant tout la titrisation pour financer son activité principale, ne sera pas sans conséquences sur l’activité du marché américain.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº724