Beaucoup de banquiers connaissent SAB et, mieux encore, beaucoup de banques de la Place fonctionnent quotidiennement avec SAB. Son logiciel équipe pas moins de 80 établissements financiers en France, mais s’est aussi implanté bien au-delà des frontières.
Des systèmes propriétaires au progiciel intégré
À la fin des années 1990, les banques fonctionnent encore principalement sur des systèmes propriétaires, mais les plus petites notamment s’intéressent au développement des progiciels intégrés, c’est-à-dire ceux qui ont vocation à gérer la totalité des besoins des traitements informatiques d’un établissement. Quatre d’entre elles décident de financer le projet lancé par les fondateurs de SAB, Olivier Peccoux et Henri Assaf, qui sont aujourd’hui respectivement président et directeur général. Elles en seront les premiers clients pilotes pour accompagner la mise sur le marché du progiciel à partir de 1992. Depuis, SAB est devenu le leader français, et un des leaders européens, du marché des progiciels intégrés.
Le panel des clients couvre une large gamme d’établissements : des banques régionales, mais aussi des banques privées, des établissements spécialisés comme les crédits municipaux dont SAB orchestre la bascule de Paris à Bordeaux, ou encore des bancassureurs, avec la Socram (groupe Maif), Groupamabanque, AXA Banque ou la Banque Palatine où SAB a remplacé 55 systèmes-solutions différents.
Ainsi de plus grands établissements se laissent aussi progressivement convaincre : SAB est en cours d’intégration à la Caisse des Dépôts avec un démarrage prévu début 2014, pour gérer les paiements de 4 millions de comptes et 400 millions d’opérations par an. En outre, la modularité du progiciel permet en effet de répondre aux besoins d´une grande clientèle en déployant des solutions départementalisées à même de gérer une ligne de métier de bout en bout.
À cette diversité d’activités s’ajoute une large diversité géographique : SAB intervient en Afrique, au Moyen-Orient, notamment dans une grande banque de détail en Syrie, en Iran, mais aussi en Turquie ou en Ouganda, et jusqu’en Indonésie et sur toute l'Asie. SAB a pour stratégie de se développer également en Europe et notamment au Luxembourg et en Belgique.
Une version source unique
Si SAB parvient à s’adapter aisément à des environnements aussi différents, elle le doit à la double particularité de son système : d’une part, celui-ci a été conçu pour ne gérer qu’une seule et même version source pour tous les clients, quel que soit leurs métier, taille ou localisation. Et en 20 ans, c’est la même et unique version source du logiciel qui a évolué pour aboutir à sa dernière génération, la version SAB AT. Cette unicité est présentée comme une garantie de qualité par l’entreprise : « la maîtrise du logiciel acquise au fil des années permet de réduire fortement les incidents de production ; et si les circonstances d’utilisation font apparaître un défaut ou une anomalie, sa correction sera immédiatement applicable à tous les clients » argumente Olivier Peccoux. D’autre part, dès l’origine, l’internationalisation a été incluse dans la génétique fonctionnelle du produit, sous forme d’un paramétrage très développé. Le choix de la langue, par exemple, peut être paramétré par l’utilisateur : en anglais, arabe ou portugais. Ce paramétrage s’applique aux processus, aux fonctions métier et aux principales règles de gestion : en matière de comptabilité, le logiciel ne se fonde pas sur le plan comptable français, ni même une version européenne, il est précisément flexible pour prendre en compte les règles locales. La même règle vaut aussi pour la fiscalité ou les reportings réglementaires.
Un paramétrage accessible aux utilisateurs
En outre, le paramétrage a été pensé dans une optique « utilisateurs » : « nous demandons à ces derniers des compétences dans leur métier, pas en termes informatiques » précise Olivier Peccoux. Les applications, assure ce dernier dialogue avec les utilisateurs dans leur propre langue métier. Pour créer une application de crédit moyen terme, les questions auxquelles il faudra répondre concerneront le choix d’un taux fixe ou indexé, le type de plan d’amortissement, le rattachement d’une assurance, de garanties ou de cautions exprimés dans la terminologie de chaque métier. Rien d’étonnant, dans cette perspective, qu’à côté d’ingénieurs informaticiens, l’entreprise recrute d’anciens banquiers ou des consultants en banque et finance, qui auront pour tâche de former et conseiller les utilisateurs sur les règles de gestion dans le paramétrage. Ainsi, une version de banque islamique a été développée. La facilité du paramétrage du progiciel permet également une implantation rapide en cas de création d’un établissement.
Vers une ouverture du capital
Aujourd’hui, SAB est à l’orée d’une nouvelle étape de son développement. Si elle s’est jusqu’à présent intégralement autofinancée dans tous ses investissements, 2013 sera l’année de l’ouverture de son capital au management d’une part, et à un investisseur institutionnel d’autre part : un partenaire minoritaire, non ingérent avec une stratégie d’accompagnement à moyen ou long terme assure son président. De quoi doter l’entreprise de moyens suffisants pour accompagner son développement international.