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Financement

« La Russie demeure un axe stratégique de développement à long terme »

Créé le

23.05.2014

-

Mis à jour le

27.05.2014

Si le financement des matières premières connaît un essor particulièrement fort, l'ensemble de la division Activités de financement pilotée par Pierre Palmieri au sein du groupe Société Générale se développe. L'objectif, d'ici 2016, est une croissance du chiffre d'affaire de l'ordre de 8 % par an.

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Dans le contexte actuel de désintermédiation bancaire, comment évolue l'activité des émissions obligataires par les entreprises ?

Nous accompagnons ce mouvement de désintermédiation qui se poursuit en Europe : ainsi le financement par crédit bancaire n'est plus systématiquement privilégié par les entreprises, qui se tournent davantage vers le marché obligataire. Notre département Debt Capital Market (DCM), qui intervient sur le marché primaire obligataire, a connu une forte croissance de son activité récemment ; à titre d'exemple les entreprises les mieux notées (Investment grade) ont levé plus de 100 milliards [1] d'euros depuis le début de l'année, contre 82 milliards l'année dernière à la même période.

Il est important de souligner que nous n'avons jamais cessé d'investir dans les métiers du primaire obligataire, même pendant la crise de 2011. Nous avons ainsi créé une plate-forme en dollars et une autre en livres sterling qui nous permettent d'accompagner nos clients dans le monde entier ;  nous sommes également en train d'étoffer notre plate-forme pour les émissions high yield aux États-Unis.

Société Générale est actuellement numéro un mondial pour les émissions des entreprises en euro, selon les classements publiés par IFR [2] . Dans cette activité, la capacité à conseiller les émetteurs (sur la structure de leur capital, les conséquences des transactions sur leur rating…) est désormais essentielle. Aussi, nous nous félicitons du choix effectué en 2007 de placer les équipes d'origination DCM dans le pôle de financement primaire.

La Fed a entamé une normalisation progressive de sa politique monétaire, ce qui devrait mettre un terme à la période de taux très bas que nous connaissons ces dernières années. Quelles seront les conséquences sur le marché obligataire ?

Notre sentiment est que le contexte de taux bas n'a pas été la cause principale de la désintermédiation. En effet, le financement bancaire a profité lui aussi de la baisse des taux. Mais les entreprises ont cherché à diversifier leurs sources de financement et d'autre part les banques ont dû alléger leur bilan. La désintermédiation correspond donc à une tendance de fonds et ne devrait pas être affecté de manière significative ni brutale par une remontée des taux.

Le marché des project bonds prend-il un peu d'ampleur ?

Ce marché est encore balbutiant en Europe, mais de nouveaux investisseurs comme les assureurs semblent appelés à financer davantage les grands projets d'infrastructures. Nous voyons donc peu à peu une convergence des intérêts et nous nous donnons les moyens d'accompagner le développement de ce marché. Il s'agit maintenant de proposer aux nouveaux investisseurs les formats qui leur conviennent (obligataire ou prêts bancaires). Je tiens à souligner que Société Générale a été active très tôt pour démocratiser ces nouveaux marchés de financement désintermédié dont celui des project bonds, via de nombreuses études présentées aux investisseurs, la plus connue d'entre elles étant  In The Mood for Loans [3] .

Quelle est votre approche du marché du Renminbi ?

C'est un marché que nous regardons de très près, car la décennie qui vient pourrait être celle d'une explosion du marché des émissions obligataires en Chine. Il y a quelques années, les entreprises chinoises se sont beaucoup intéressées aux marchés actions et cela avait donné lieu à de nombreuses introductions en Bourse…

Société Générale étant présente en Russie, notamment au travers de votre activité de financement, craignez-vous d'être affecté par la crise actuelle ?

Nous sommes en effet présents en Russie dans le secteur de l'énergie et des métaux depuis les années 1990 et faisons partie des banques les plus actives pour accompagner les entreprises russes sur les marchés obligataires en rouble (via Rosbank) ou en dollars.

Nous constatons que les clients russes de la banque de financement sont vigilants, mais n'ont pas souffert à ce stade d'une dégradation de leur situation financière liées à la crise ukrainienne. La plupart sont des exportateurs de matières premières ayant des flux en devise et la baisse du Rouble leur est donc plutôt profitable car elle leur permet de reconstituer leurs marges.

Plus généralement, la Russie a réussi à surmonter d'autres crises, comme celles de 1998 ou 2009. Le pays demeure pour le groupe Société Générale un axe stratégique de développement à long terme, un horizon sur lequel les métiers de financement que je pilote continueront de se développer entre la Russie et ses partenaires européens.

Comment évolue l'ensemble de la division Activités de financement ?

Toutes les activités de financement se développent. En particulier, le financement des matières premières est un créneau très dynamique.

Le taux de croissance de nos activités de financement est important et nous avons communiqué au marché un objectif de croissance du chiffre d'affaire de l'ordre de +8 % par an d'ici 2016.

Après avoir réduit la voilure dans certains métiers de financements structurés en 2011, nous sommes heureux d'entrer de nouveau dans une phase de croissance et de pouvoir allouer plus de ressources pour développer ces activités comme nous l'avons annoncé lors de notre journée investisseurs il y a quelques semaines. Cette croissance sera ciblée sur nos expertises sectorielles : nous souhaitons consolider nos positions de leader sur les métiers de l'énergie et des ressources naturelles, mais également nous renforcer sur les télécoms et dans les financements d'infrastructures. Notre champ d'activité est suffisamment large et nos équipes suffisamment agiles pour capter la croissance à l'endroit où elle se trouve.

L'intégration à 100 % de Newedge présente-t-elle un intérêt pour vous ?

L'acquisition de Newedge constitue un très beau complément pour nos activités de marché, mais servira également nos activités de financement. Par exemple, parmi les clients que nous finançons, les négociants en matières premières utilisent beaucoup de futures pour couvrir leurs positions physiques. L'intégration de Newedge qui est très actif sur les futures de matières premières permettra de répondre à tous les besoins de nos clients et de faire du cross selling [4] .

1 Données Dealogic du 19 mai 2014. 2 Classements IFR/SDC Platinum du 22 mai 2014. 3 Etude publiée en avril 2013. 4 En plus des solutions de financement, Société Générale proposera des futures aux négociants en matières premières.

À retrouver dans la revue
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Revue Banque Nº773
Notes :
1 Données Dealogic du 19 mai 2014.
2 Classements IFR/SDC Platinum du 22 mai 2014.
3 Etude publiée en avril 2013.
4 En plus des solutions de financement, Société Générale proposera des futures aux négociants en matières premières.