Finance de marché

Le risque de crédit dans le prix des obligations convertibles

Créé le

01.12.2014

-

Mis à jour le

09.12.2014

Comment donner un prix au risque de crédit d'une entreprise en l'absence de CDS ou d'obligations classiques ? Nicolas Singer s'est intéressé aux informations de pricing que peuvent alors apporter les obligations convertibles, produit financier hybride sensible aux variations du sous-jacent action mais dans une enveloppe obligataire.

Notre étude porte sur la recherche du pricing du risque de crédit dans les obligations convertibles. Cet actif qui emprunte des caractéristiques aux actions, aux obligations et même aux options est un actif très spécifique. Le pricing de ce type de produit est d’autant plus compliqué qu’il nécessite de nombreuses variables et une connaissance transversale de plusieurs marchés très différents les uns des autres. Les différents acteurs du marché n’arrivent d’ailleurs que très rarement à se mettre d’accord pour savoir si les obligations convertibles doivent dépendre du département actions, du département fixed income ou bien du département investissement « alternatif ». C’est un produit dépendant de différents types de risques, ce en quoi réside tout son intérêt. En effet, les obligations convertibles étant sensibles aux marchés action comme obligataires, l’investisseur devra prendre en compte le risque action, mais aussi le risque de taux et de crédit. Nous choisirons dans notre recherche de nous concentrer plus particulièrement sur le risque de crédit. En effet, ce produit étant articulé comme une obligation et étant émis par une société, possède un risque de crédit comme n’importe quelle autre obligation corporate classique. Le risque de crédit est « pricé » dans une obligation, comme le surcoût pour un investisseur à détenir une obligation d’entreprise et non une obligation d’Etat considérée comme « sans risque ». Cependant, s’il est assez simple de déduire le risque de crédit d’une obligation classique, c’est un calcul beaucoup plus difficile pour une obligation convertible à cause des contraintes optionnelles qui font que l’obligation est convertible. Pour évaluer le risque de crédit au sein des obligations convertibles, nous nous baserons sur un modèle développé par Landskroner et Raviv dans un article de recherche intitulé Credit Spread Implied by Convertible Bonds Prices. Dans cet article, les auteurs veulent montrer que grâce au prix des obligations convertibles, il est possible de déduire le prix du risque de crédit pour un émetteur. Pour cela, ils utilisent un arbre binomial afin de donner un prix à l’action sous-jacente puis à l’obligation convertible. Nous considèrerons dans un premier temps le risque de crédit comme un input en utilisant une valeur arbitraire, puis grâce à la méthode de Newton-Raphson, nous convergerons vers la valeur exacte.

Enfin, nous testerons empiriquement ce modèle afin de vérifier que ce qui est élaboré théoriquement se vérifie, dans la pratique, sur les marchés financiers.

 

Consulter l'article

Documents à télécharger:
Link
À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº331