Parmi les solutions mises en place en cas de défaut d’un établissement bancaire, se trouve la séparation des actifs entre une good bank et une bad bank. De telles scissions ont été réalisées à plusieurs reprises en Europe depuis 2008. Alors que l’Espagne s’apprête à mettre sur pied sa propre bad bank, la
Sareb
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, Fitch s’est interrogé sur les modèles précédemment utilisés dans d’autres pays européens et en a tiré quelques enseignements. Ainsi, l’agence de notation assure que l’évaluation des actifs transférés est de première importance, car elle détermine la motivation des investisseurs à financer cette nouvelle entité. « La valorisation des actifs dans le cas des bad banks qui ont bien fonctionné [celles d’UBS et de Fortis en particulier] a été par nature conservatrice, mais a également profité d’un bon timing, les actifs ayant été transférés alors que leur valeur de marché était au plus bas. » L’agence reconnaît toutefois la difficulté de l’exercice, dans un contexte de marché très volatil et dans le cas d’actifs peu liquides. C’est d’autant plus difficile pour la Sareb qu’elle est constituée plus tard que les autres bad banks, dans des conditions de marché davantage dégradées et avec une base d’investisseurs réduite. Fitch s’interroge aussi sur la structure juridique de la bad bank : doit-elle être séparée de la good bank ou peuvent-elles rester dans la même entité ? Si la seconde solution est plus légère et rapide à mettre en place (comme dans le cas de RBS), elle risque d’empêcher le retour de la confiance sur la good bank, élément clé du fonctionnement du modèle dans son ensemble.
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Sociedad de Gestión de Activos Procedentes de la Reestructuración Bancaria.