Après une annulation de l’édition 2020 pour cause de pandémie et de confinement strict dans de nombreux pays, Jean-Michel Beacco, délégué général de L’ILB, et Marie Brière, directrice scientifique de l’événement, ont ouvert ce 14th Financial Risks International Forum en indiquant combien il était primordial qu’il puisse avoir lieu. L’ILB a souhaité, en effet, rendre compte du rôle majeur joué par la recherche académique depuis le début de cette crise à la fois dévastatrice d’un point de vue sanitaire et social, et économiquement très déstabilisante. Des présentations et des débats sous forme de guest speech, de sessions parallèles ou de tables rondes se sont succédé durant ces deux demi-journées.
Des scénarios sur la stratégie de vaccination
Dès la première session plénière du jeudi 25 mars, consacrée à la Covid, nous sommes entrés de plain-pied dans l’actualité. En effet, Christian Gollier, économiste et directeur général de la Toulouse School of Economics a, durant près d’une heure, proposé une analyse complète du « Coût pour la santé de la mauvaise répartition des vaccins, des retards et du nationalisme ».
D’après le modèle qu’il a développé, plusieurs scénarios plus ou moins optimistes sont envisagés à l’avenir en fonction des choix opérés sur la politique vaccinale. « Mon modèle, comme celui des épidémiologistes, prend en compte les données disponibles à ce jour. Rien ne garantit que nous soyons à l’abri d’une mauvaise surprise », précise Christian Gollier. Il reviendra ensuite sur ses différentes estimations, qui occasionneront une discussion avec Pierre Picard, professeur d’Economie à l’Ecole polytechnique et chairman de la session.
À retrouver en REPLAY sur https://www.risks-forum.org/PROGRAM.html
La seconde partie de l’après-midi s’est subdivisée en cinq Parallel Sessions alternant entre Covid et Fintech. Elles ont donné lieu à des présentations et des échanges de point de vue entre scientifiques et professionnels sur des sujets tels que la blockchain, le bitcoin, les conséquences financières de la crise sanitaire ou encore les effets de la pandémie sur les assurances…
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Fintechs, Blockchain et nouveaux systèmes de paiements
C’est sous la thématique Fintechs que s’est ouverte la seconde demi-journée du Risk Forum enchaînant une Table ronde sur la thématique « New Developments in Global Payments ». Puis, le guest speech de Dacheng Xiu, professeur d’Econométrie et de Statistiques à l’Université de Chicago a présenté ses travaux et une deuxième Table ronde abordant le sujet de l’« Ai and Automated Investment » est venu conclure cette première partie.
Revenons à la première Table ronde qui a réuni des acteurs du secteur financier tels que Michel Crouhy en président de session et Pierre-Antoine Vacheron, tous deux travaillant chez Natixis, ainsi que Olivier Denecker de McKinsey et Joan Burkovic de Bridge Bankin afin d’échanger et dévaluer la montée en puissance des nouveaux modes de paiements. Durant ces débats, ils nous ont alertés sur la nécessité d’importants investissements en matière de technologie de la part des banques pour assurer la fiabilité de ces systèmes récents, au risque sinon de voir les consommateurs se diriger vers d’autres solutions que propose, par exemple, l’open banking (banque ouverte). « Avec l’open banking, le consommateur pourra mieux gérer ses finances, avoir plus de transparence, et ainsi, prendre de meilleures décisions, plus rapidement et à moindre coût », spécifie Joan Burkovic.
Et Michel Crouhy de rappeler que « le secteur bancaire n’a pas le choix, il doit accélérer ses investissements, dans les années à venir, sur les nouveaux modes de paiements parce qu’il est poussé par les attentes de ses clients et les innovations en la matière ».
C’est au cours de son guest speech sur ses récents travaux intitulés « Predicting Returns with Text Data » que le professeur Dacheng Xiu a abordé le développement d’une nouvelle méthodologie d'exploration de texte qui extrait des informations d'articles d'actualité pour prédire les rendements des actifs.
Puis, la deuxième table ronde, menée par Agostino Capponi de Columbia University et rassemblant des universitaires de renom tels que Zvi Bodie de Boston University, Alberto Rossi de GeorgeTown University, Hersh Shefrin de Santa Clara University's Leavey School of Business, a permis aux participants du Risk Forum d’avoir le point de vue tant de la recherche académique que des professionnels, via l’intervention de Daniel Egan (Betterment), sur les différentes technologies d’investissement et de gestion de portefeuilles entièrement automatisés. Agostino Capponi développe ainsi un point intéressant pour le grand public : « L’automatisation de la gestion de portefeuilles (robo-advisor) permet à des investisseurs plus modestes d’investir grâce à des propositions sur mesure en fonction de leur budget et surtout à moindre frais. »
Les deux tables rondes et le guest speech sont à retrouver en replay sur https://www.risks-forum.org/PROGRAM.html
Enfin, en dernière partie pour clôturer cet événement, ce sont six Parallel Sessions qui se sont enchaînées et qui ont permis aux chercheurs et aux acteurs du secteur privé d’échanger sur les robo-advisors, les cyber-assurances, les risques de crédit ou encore les plateformes bancaires…
Les Parallel Sessions sont à retrouver en replay sur https://www.risks-forum.org/PROGRAM.html
Ainsi s’est achevé le 14th Financial Risks International Forum sur la thématique « Fintechs & Covid-19 – Learning from a Pandemic Crisis ? », en souhaitant que la crise sanitaire soit derrière nous l’an prochain et que nous puissions tous nous retrouver physiquement pour qu’« ensemble nous trouvions des solutions pour un monde en transition ».