États-Unis

Le repo tripartite doit se réformer

Créé le

04.01.2012

-

Mis à jour le

17.01.2012

Alors que l’Europe cherche à développer le repo tripartite, avec notamment l’initiative de la Place de Paris, les États-Unis, eux, s’en méfient. Ce marché est bien plus développé outre-Atlantique (50 % du marché de la pension livrée contre 9 % pour l’Europe) et s’est retrouvé sur la sellette au moment de la crise de 2008. Les deux agents tripartites américains, JP Morgan et Bank of New York Mellon, se sont en effet trouvés menacés par les faillites de Bear Stearn et Lehman Brothers, deux contreparties majeures pour leurs services de repo tripartite.

En 2009, sous l’impulsion de la Fed de New York, une task force de professionnels a donc été créée pour réfléchir à des pistes de réforme de ce marché qui avait atteint 2 800 milliards de dollars en 2008 avant de se replier à des niveaux proches de 1 600 milliards. La « Tri-Party Repo Infrastructure Reform Task Force » a livré en 2010 une série de recommandations. Elle a tout particulièrement pointé du doigt le rôle déstabilisateur que jouent les centaines de milliards de dollars de crédits intraday accordés par ces deux agents tripartites à leurs clients, du fait des délais de règlement-livraison trop longs.

Supprimer les crédits intraday

La suppression de ces crédits intraday est loin d’être aisée pour les acteurs de cette industrie. Elle nécessite un délai de règlement-livraison réduit à la journée, ce qui constitue un important projet technologique. Les délais fixés par la task force (fin 2011) n’ont pas été tenus et malgré les progrès réalisés – la plate-forme automatisée de négociation Tradeweb a lancé en décembre un outil d’exécution en temps réel –, des doutes demeurent sur la capacité du marché à se réformer. Les observateurs commencent à envisager des solutions alternatives : « réduire la vulnérabilité du système de repo tripartite implique soit d’accroître le nombre de banques agents au-delà de JP Morgan et BoNY Mellon, soit de les remplacer par une contrepartie centrale qui aurait un statut d’infrastructure de Place », soulève ainsi Anshuman Jaswal, analyste senior chez Celent, cité par le Financial Times dans son édition du 29 décembre.

Un autre enjeu pour ce marché du repo tripartite est la capacité des investisseurs à liquider leur portefeuille de collatéral en cas de faillite d’un dealer de grande taille. Cette liquidation dans l’urgence fait en effet peser des risques de contagion à l’ensemble des marchés.

La task force devrait rendre public un nouveau rapport en début d’année 2012. S. L.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº299