Cette décélération tient au freinage continu des encours de prêts à l'habitat, les crédits à la consommation ayant plutôt bien résisté. Le redressement amorcé début 2010 devrait se confirmer sur les prochains mois, mais à pas lents, avec une hausse prévue de 4,6 % fin 2010 (4,8 % pour les prêts habitat, 4,1 % pour les prêts à la consommation).
Le freinage de l'encours de crédit habitat semble toucher à sa fin. Sa croissance accélère légèrement depuis novembre 2009 : +3,6% en décembre 2009 (sur un an) et +4,1 % en février 2010 (contre +3,2 % en octobre). Rappelons qu'après le boom de 2005-2007 (hausse de 14 % par an), l'encours avait brutalement freiné vers 9 % fin 2008 et 5 % mi-2009, en liaison avec la contraction du marché immobilier.
La production de nouveaux crédits habitat (en cumul 12 mois) baisse moins nettement fin 2009 (-18 % sur un an en décembre contre -36 % mi-2009) et se stabilise en février 2010 (+0,7 % sur un an). En flux trimestriel, elle s'est même légèrement redressée au second semestre, après un creux historique début 2009.
Le marché résidentiel a en effet assez bien résisté en 2009. Les ventes de logements neufs (filière promoteurs) ont connu une reprise significative, +35 % sur un an, du fait du dispositif Scellier pour l'investissement locatif, très attractif fiscalement. Celles de logements anciens se sont redressées dès le deuxième trimestre. Et les prix sont restés à peu près stables sur l'année grâce à la baisse des taux de crédit habitat et à un ajustement de l'offre (dans l'ancien comme dans le neuf).
Mais le marché reste fragile. La reprise économique est lente et modérée et le taux de chômage va continuer à remonter jusqu'à 10,1 % au quatrième trimestre 2010. La baisse des prix ayant été limitée, la solvabilité ne s'est que faiblement améliorée, les prix restent encore surévalués et le coût d'acquisition demeure trop élevé pour de nombreux acheteurs. Enfin, la baisse des taux de crédit habitat semble proche de son terme, compte tenu de la légère remontée prévue sur les prochains mois des taux d'intérêt de marché, courts et longs. Au total, le marché immobilier devrait connaître un redressement lent et hésitant. Les volumes de ventes devraient s'accroître modérément. Les prix pourraient baisser légèrement dans l'ancien et rester stables dans le neuf.
Ceci conduirait à une production de crédit habitat (cumul 12m) en hausse de 16 % en 2010 (ce chiffre assez élevé étant en partie imputable à un effet de base favorable, avec les niveaux très bas de début 2009) et à une légère accélération de l'encours, à 4,8 % sur un an fin 2010.
L'encours de crédit de trésorerie aux particuliers, en hausse quasi nulle sur un an en avril 2009 a rebondi en décembre, à +4,5 % sur un an. De même, la production de crédits de trésorerie (cumul 12m), en baisse de 8 % sur un an mi-2009, n'a reculé que de 1,3 % en décembre et s'est stabilisée début 2010.
La détérioration des revenus des ménages et la forte remontée du chômage ont conduit à une faible hausse de la consommation (+0,8 % en moyenne en 2009) et notamment des achats de biens durables. Mais les immatriculations d'automobiles ont connu une forte croissance, notamment en fin d'année, grâce à l'effet « prime à la casse ».
En 2010, les revenus des ménages resteront en hausse modérée et le taux de chômage continuera à monter. Le taux d'épargne resterait stable à un haut niveau. La croissance de la consommation sera donc assez modeste, notamment en matière de biens durables. Et les ventes d'automobile vont ralentir en 2010, du fait d'une réduction graduelle de la prime à la casse. La production de crédit de trésorerie (cumul 12m) sera ainsi en rebond limité, de l'ordre de 4 % en 2010. Et la progression annuelle de l'encours resterait à peu près stable, à 4,5 % sur un an fin 2010.