La recherche délivrée par les courtiers : les limites du modèle

Créé le

04.04.2011

-

Mis à jour le

13.04.2011

Les contraintes propres à l’activité de courtier sont inexistantes chez les sociétés d’AFI.

Les courtiers présentent un modèle qui a atteint ses limites  (dimension marketing du métier qui exige des analystes qu’ils contactent régulièrement des gestionnaires ou des directeurs financiers ou qu’ils rédigent des commentaires sur les événements marginaux intervenus dans la journée…). Par ailleurs, les courtiers ont un rôle d'intermédiaire, la production de la  recherche délivrée à titre gratuit à destination de leurs clients constitue une activité accessoire à l’activité principale de courtage qui favorise la génération de commissions sur les flux.

Cette logique a atteint son apogée avec MIF. Certains n’hésitent pas à qualifier la recherche produite par les brokers de « produit d’appel » ou de «  publi-reportage [1] » qui précède une opération payée par l’émetteur. Les brokers qui produisent de la recherche gratuite au profit de leurs clients devraient mentionner dans cette recherche qu’ils sont avant tout des intermédiaires et que la recherche en analyse financière n’est pas leur métier principal. Dans cette hypothèse, la recherche devrait comporter un disclaimer, afin que les investisseurs qui le souhaitent puissent compléter leur opinion par l’AFI. Ce disclaimer pourrait orienter l’investisseur vers des associations professionnelles qui représentent des membres dont le métier consiste à produire de la recherche indépendante. Le fait que l’AFI soit désormais financée par un dispositif expérimental ayant le caractère d’association Loi de 1901 peut justifier cela.

Enfin, il peut y avoir une distorsion entre les clients des banques qui ont accès à de la recherche gratuite et les petites sociétés de gestion qui peuvent ne pas y avoir accès en raison de leur taille non significative et dans la mesure où les ordres passés quotidiennement à l’intermédiaire sont insuffisants  ou les lignes d’ordres représentent des montants peu élevés.

L’activité des courtiers est contradictoire avec la problématique du suivi des valeurs peu liquides.

Les courtiers peuvent couvrir une partie des valeurs petites et moyennes mais leur activité qui exige de générer des volumes de transactions est en contradiction avec le suivi des valeurs peu liquides.

Pour ce qui est des grandes valeurs, le gérant d’une société de gestion a accès à de nombreuses études sur une même valeur ayant une forte capitalisation. L’analyse n’est pas forcément indépendante, mais  sa disponibilité génère un consensus. L’opinion que se forge le gérant à partir de l’information disponible peut s’appuyer en interne sur les compétences de l’analyste buy-side.

Pour ce qui est des valeurs petites et moyennes, l’information est inexistante car la notion de flux de transactions est en contradiction avec la notion de petites et moyennes valeurs. De ce fait, l’AFI a un rôle à jouer.  Elle doit constituer un moyen mais pas une fin pour ce qui est de la visibilité des petites valeurs [2] . Celle-ci doit aussi être suscitée par l’importance accordée par l’émetteur à sa communication financière.

1 C’est notamment la position d’EuroIRP . La lettre est disponible à l’adresse suivante : http://www.euroirp.com/cms/documents/Submission_de_La_Rosiere.pdf. 2 Les petites structures d’AFI qui pourraient trouver un moyen de se pérenniser avec le fonds mutualisé ont aussi un intérêt à se diversifier pour se pérenniser, les valeurs moyennes étant à ce stade, un créneau restreint.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº291
Notes :
1 C’est notamment la position d’EuroIRP . La lettre est disponible à l’adresse suivante : http://www.euroirp.com/cms/documents/Submission_de_La_Rosiere.pdf.
2 Les petites structures d’AFI qui pourraient trouver un moyen de se pérenniser avec le fonds mutualisé ont aussi un intérêt à se diversifier pour se pérenniser, les valeurs moyennes étant à ce stade, un créneau restreint.