L’organisation du groupe Crédit Agricole paraît très complexe. Pourquoi une telle ossature ?
En effet, nous sommes un groupe bancaire différent des autres. Notre organisation a été conçue afin de permettre aux membres du groupe de tous se parler. Nous fonctionnons en réseau. Nous n’avons pas de gouvernance centralisée. Le rôle de la Fédération nationale du Crédit Agricole consiste à structurer les différentes positions des Caisses régionales afin de dégager un consensus sur les grands axes stratégiques du groupe. Pour les Caisses régionales, la FNCA s’apparente à un Parlement dans lequel s’organise le débat et où se prennent les décisions collectives, dans le respect de nos valeurs communes. Notre modèle attache une importance particulière aux ressources humaines et au service client. Ainsi, nous favorisons l’épanouissement de nos collaborateurs en leur permettant de faire évoluer leur carrière au sein de l’ensemble du groupe. S’agissant de nos clients, nous nous engageons à assurer la transparence de nos services et l’excellence relationnelle. Nos clients sociétaires acceptent une rémunération de leurs parts sociales limitée, ils sont donc en droit d’attendre une qualité de service très élevée.
Même si localement il peut toujours y avoir quelques imperfections, les femmes et les hommes de notre groupe veillent avec attention à ces principes.
Le développement du groupe avec une entité cotée en Bourse fait également partie des valeurs du Crédit Agricole ?
Nous avons avant tout fait le choix d’un développement organique, dans le souci d’une gestion collective efficace. Nous sommes allés en Bourse afin de lever des capitaux. L’avantage d’une cotation en Bourse, c’est l’immédiateté du levier. Même si nous pensons que la croissance à tout prix n’est pas le projet le plus pertinent pour une banque coopérative, la croissance et l’entreprise en tant que telles font partie des chromosomes du Crédit Agricole.
Comment percevez-vous les nouvelles réglementations issues de Bâle III ?
Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il n’y a pas de mutualiste dans le Comité de Bâle, par définition.
En ce qui concerne les ratios de solvabilité, la mise en réserve de l’essentiel de nos résultats a toujours assuré la progression de nos fonds propres mais la manière de comptabiliser les fonds propres dans la réglementation Bâle III nous a impacté, comme d’autres. Pour nous, Bâle III ignore les vertus des mutualistes alors même que les banques mutualistes françaises ont prouvé leur solidité pendant la crise. Le LCR, c’est la négation de la transformation locale. Cette réglementation dirige l’économie vers la finance de marché, ce qui risque de l’affaiblir. Ces ratios vont à l’encontre des valeurs mutualistes, car ils nous amènent à échanger le service à notre clientèle (des crédits à l’économie réelle) contre des titres liquides de marché.