Organisation

Quelles ressources humaines après la DSP2 ?

Créé le

01.04.2019

-

Mis à jour le

11.04.2019

La DSP 2 et l’open banking posent les bases d’un renouvellement en profondeur des organisations bancaires et de leurs méthodes de travail, qui devront être plus ouvertes, plus collaboratives et plus créatives.

DSP 2, nouvelle contrainte ou réelle opportunité ? Le débat continue d’animer la place bancaire, pourtant rompue à l’exercice de la réglementation. Il faut dire que les premières dispositions de la deuxième directive européenne sur les services de paiement – dite DSP 2 – applicables depuis janvier 2018, n’ont pas encore donné lieu à la grande révolution, espérée par certains, redoutée par d’autres. Le texte, impulsé par la Commission européenne et les régulateurs, qui réunit les banques, les FinTechs ainsi que tous les prestataires de services de paiement tiers (PSP) dans un même cadre réglementaire, s’annonçait pourtant comme l’un des plus disruptifs jamais élaborés. Avec, à la clé, une promesse plurielle : mieux protéger les clients de la fraude, simplifier les paiements, favoriser l’innovation, stimuler la concurrence et, au-delà, renforcer l’efficience du marché. Ainsi, les banques devront, pour la toute première fois, ouvrir l'accès aux données de leurs clients à des prestataires tiers via des interfaces sécurisées (API).

La DSP 2, un accélérateur d'innovation

Les consommateurs en sont les premiers bénéficiaires. Ils ont déjà vu leurs droits renforcés avec, notamment, le remboursement sans délai des opérations contestées. La DSP 2 rendra également obligatoire, à partir de septembre prochain, l'« authentification à deux facteurs » (ou authentification forte) pour la consultation des comptes et les opérations dites engageantes, un virement, par exemple. La combinaison de deux facteurs entre un code-mot de passe, un appareil possédé (smartphone, carte SIM…) ou une donnée biométrique (reconnaissance faciale, vocale, empreintes digitales) sera désormais nécessaire. Celle-ci devra, par ailleurs, être renouvelée tous les trois mois par l’utilisateur.

La France a toutefois opté pour une transposition a minima de la DSP 2, et l’ouverture XXL souhaitée par certains ne sera pas au rendez-vous. Les prestataires tiers, agrégateurs ou initiateurs de paiement, devront, notamment, se plier aux solutions d’authentification forte proposées par chaque banque, et n’auront pas accès à la liste des bénéficiaires « de confiance » du client. De quoi brider les initiatives des acteurs les plus imaginatifs, FinTechs en tête !

Du côté des banques, la DSP 2 recèle de forts enjeux financiers et organisationnels. Si elle leur a permis une prise de conscience de la nécessité d’offrir aux clients des interfaces plus agréables, ainsi que de nouveaux services d’agrégation de compte, elle suscite chez les plus frileuses, surtout en ce qui concerne l’ouverture de leur système d’information, des interrogations autant culturelles que technologiques.

D’autres, plus agiles, privilégient une posture offensive et voient en la DSP 2 l’opportunité de faire valoir leur différence en termes d’organisation, de stratégie et d’innovation. C’est l’ambition du groupe Arkéa.

La DSP 2, quoiqu’en disent ses opposants les plus virulents, constitue, en effet, un formidable accélérateur d’innovations pour, d’une part, imaginer les parcours d’authentification forte les plus fluides et sécurisés possible et, d’autre part, améliorer la gestion et l’exploitation des données clients. Bref, elle questionne les fondamentaux du métier bancaire : comment réinventer l’expérience client ? Comment trouver de nouveaux relais de croissance – services en marque blanche, produits extra-bancaires, etc. – dans un univers très concurrentiel ?

La DSP 2, avec le passage d’un écosystème fermé à un écosystème ouvert, n’est qu’une étape vers une révolution plus large et inéluctable qui concernera tôt ou tard l’ensemble des produits et services : l’open banking. Demain, dans un système de banque ouverte, la compétitivité d’un acteur se mesurera à l’aune d’une offre d’outils et de solutions digitales, ainsi que sur la qualité du partage des données et des transactions au sein d’un écosystème de partenaires. Avec pour mots d’ordre : l’immédiateté, la sécurité et une haute qualité de service.

Dans cette perspective, Arkéa peut se prévaloir d’une certaine avance sur bon nombre d’établissements bancaires. Sa taille intermédiaire, gage d’agilité, et sa culture technologique reconnue en font déjà un partenaire de référence des FinTechs avec lesquelles il développe de multiples formes de partenariat : offres partagées, échanges de données, plates-formes communes…

Nouveaux profils, nouvelles expertises

Arkéa nourrit désormais l’ambition de déployer son modèle de hub de services financiers, qui apporte la meilleure réponse aux aspirations d’aujourd’hui et de demain. Comment ? En restant le principal point d’interaction pour les clients et leurs finances tout en offrant une gamme de services la plus complète possible, qu’ils soient issus de ses propres usines de fabrication ou produits par d’autres partenaires comme les FinTechs.

C’est en ouvrant les perspectives de collaboration que nous pourrons continuer à apporter de la valeur ajoutée et améliorer ainsi l’accompagnement de nos diverses clientèles. L’open banking voit donc plus loin que la DSP 2, dans la mesure où les consommateurs ont besoin d’avoir accès à des solutions complètes, intuitives, économiques et transparentes. La banque devra être capable d’accompagner les moments de vie, en se positionnant en amont et en aval de leurs besoins.

La DSP 2 et a fortiori l’open banking imposent donc un changement de paradigme. Ils posent également les bases d’un renouvellement profond de nos organisations, de nos méthodes de travail qui devront être plus ouvertes, plus collaboratives, plus créatives et s’inscrire dans une démarche de cocréation, en permettant à chacun d’être un vecteur de changement, de transformation et de progrès. Les enjeux sont élevés et nécessitent d’adapter notre capital humain, grâce à la formation et à la recherche de nouveaux profils, de nouvelles expertises : Data Scientist pour l’analyse et l’exploitation des données, afin de faciliter la prise de décision, KYC (Know Your Customer) pour la gestion du risque et de la fraude, Growth Hacker pour accroître la visibilité de l’entreprise sur Internet et optimiser ses moteurs de croissance.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº379