En Europe, le mutualisme bancaire lié à l’économie sociale et solidaire occupe une position significative : une banque mutualiste (le vocable « mutualiste » est d'utilisation exclusivement française en la matière, l'expression banque coopérative est d'utilisation plus universelle) est une entité dans laquelle les sociétaires ont la double qualité d'usagers (clients déposants ou emprunteurs) et de propriétaires (participant à la gouvernance). Les décisions prises en assemblée générale le sont suivant le principe une personne, une voix, et non une action, une voix.
Cette forme d'entreprise bancaire a vu le jour dans la seconde moitié du XIXe siècle et le modèle de la coopérative de crédit est diffusé aujourd'hui dans tous les principaux pays européens, tels que l'Autriche, la Belgique, la Finlande, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne et la Suisse. Actuellement, elle représente plus de 200 millions de clients en Europe, soit 20 % du marché au travers de 70 000 agences ou points d’accueil et 60 millions de membres.
L’activité des banques mutualistes fait l’objet de régimes nationaux : en France, elle est encadrée par la loi du 10 septembre 1947 et par le règlement européen du 22 juillet 2003 relatif au statut de la société coopérative européenne qui en reprend les grandes lignes : ceux-ci stipulent que les coopératives européennes sont appelées à « contribuer à la satisfaction des besoins et/ou le développement des activités et/ou sociales de leurs membres ». Et le Code monétaire et financier consacre cette vocation mutualiste des réseaux coopératifs bancaires français.