Gestion financière

Quand le monde associatif se digitalise

Créé le

29.07.2019

AssoConnect propose aux associations un logiciel qui automatise et facilite leur gestion marketing, administrative et financière. Il organise la collecte des paiements (dons, adhésion…) notamment en ligne, une fonction intégrée avec d’autres services comme le CRM ou la comptabilité.

Quelle est l’activité d’AssoConnect ?

AssoConnect est une société créée début 2014 avec pour mission d’aider un maximum d’associations à changer le monde. Il existe en France 1,5 million d’associations qui constituent notre cible. Pour cela, nous avons développé un logiciel en ligne, assocconnet.com, qui simplifie l’ensemble des tâches de gestion d’une association grâce à 4 grands modules fonctionnels qui sont :

  • la communication, associée à un outil d’e-mailing ;
  • la collecte des paiements ;
  • un CRM adapté pour la gestion des bénévoles, des donateurs et des adhérents ;
  • et la comptabilité d’engagement pour produire tous les états financiers : le compte de résultat, le bilan, le grand livre, le journal comptable…
Pendant un peu plus de deux ans, nous avons été en phase de R&D sur le produit, mais le développement s’est aujourd’hui accéléré ; nous avons effectué en 2017 une première levée de 2 millions d’euros auprès du fonds Isai et nous équipons un peu plus de 8 000 associations, de tout type et de toute taille, des associations de quartier aux fédérations les plus importantes, comme la Fédération Française de Danse, celle de triathlon, la Fédération Générations Mouvement qui gère 9 000 associations de retraités et représente plus de 800 000 personnes. Nous sommes 35 collaborateurs, dont 60 % de développeurs et ingénieurs.

Comment est conçu l’outil développé par AssoConnect ?

Nous fonctionnons en méthode agile pour le développement de notre produit et dans une forme très poussée de ce type d’organisation : nous effectuons des mises en production de nouvelles fonctionnalités tous les jours et parfois plusieurs fois par jour ! Il existe ainsi une seule version de notre logiciel mais dont les fonctionnalités évoluent en continu en fonction de plusieurs paramètres :

  • notre compréhension du marché et des attentes des clients ;
  • les remontées clients : nous recevons 200 suggestions d’amélioration par semaine qu’il faut trier et prioriser ;
  • l’analyse des questions de nos utilisateurs sur notre outil.
Cela demande une grande rigueur et une mise en production fondée sur des tests automatisés : à chaque nouveau développement, ceux-ci tournent pour vérifier que l’application fonctionne bien. Dès qu’ils sont réalisés, l’application est mise en ligne. Tout l’enjeu consiste à ce que ces tests tournent le plus rapidement possible.

Par exemple nous avons récemment lancé une nouvelle fonction de consolidation des flux pour les réseaux d’associations. Pour ces derniers, comme la Fédération Française de triathlon ou la Fédération Générations Mouvement, nous devrons pouvoir certifier les comptes de chaque entité : chaque association du réseau a donc un wallet et doit avoir son propre KYC. Mais il faut également pouvoir consolider les flux au niveau supérieur et donc organiser les transferts entre les wallets des différents comptes avec les flux croisés associés au sein d’une même grosse structure. Ces consolidations portent sur un nombre très important de comptes à certifier, qui se chiffrent souvent par milliers, et de très nombreux documents à prendre en compte : procès-verbal d’AG, statuts, justificatifs de domicile de nature variée, cartes d’identité… C’est une fonctionnalité que nous avons lancée récemment et que nous sommes aujourd’hui, à ma connaissance, les seuls à proposer.

Cette aide à la gestion est d’autant plus utile que depuis quelques années, avec les scandales intervenus dans certaines grandes associations et les questions liées au financement du terrorisme, les adhérents, les donateurs et les financeurs de manière plus générale demandent aux associations d’être beaucoup plus transparentes. Cela les force à se professionnaliser et à utiliser des outils tels que le nôtre. Car trop souvent encore les associations sont sous équipées ou avec des outils d’un autre temps. Certaines gèrent des millions d’euros avec pour seul outil un tableur Excel.

Qu’en est-il plus précisément des fonctions de paiement ?

Les paiements sont de quatre types : des dons, les adhésions, les paiements pour des évènements comme un tournoi, un évènement sportif ou une représentation de théâtre, et la vente de produits via une boutique. Nous collectons ces paiements de trois manières différentes : le paiement hors ligne tout d’abord reste encore fréquent dans certaines associations même si nous incitons à pratiquer le paiement en ligne, soit par carte, soit par prélèvement SEPA dématérialisé. Le logiciel assure un suivi des créances et des impayés.

Le paiement n’est pas en soi une fonction compliquée à mettre en œuvre, mais la proposition devient plus pertinente quand le paiement est intégré aux autres métiers et déclenche des actions comme l’enregistrement de l’adhérent ou du donateur, son inscription dans la base d’emailing et l’inscription de la transaction en comptabilité. C’est ainsi que l’association gagne vraiment du temps.

Sur une campagne d’adhésion par exemple qui porterait sur un nombre moyen d’environ 250 adhésions, les manipulations nécessaires prennent près de 200 heures, alors que gérées dans notre logiciel, elles se limitent à une heure environ ! Un simple outil de fundraising permet certes d’économiser du temps de collecte, mais celui-ci ne représente que 20 % des manipulations globales.

Avez-vous un statut d’établissement de paiement ?

Nous avons le statut d’agent de paiement, adossé à deux établissements de paiement agréés, S-money, filiale de Natixis, pour les paiements par cartes, et Slimpay pour les prélèvements.

Quels sont les prochains développements envisagés pour cet outil dans les paiements ?

Nous travaillons aujourd’hui sur le paiement fractionné d’adhésions : il reste encore aujourd’hui souvent réalisé par un paiement en plusieurs chèques encaissés au fil du temps, une démarche chronophage car traitée manuellement et qui peut présenter des risques d’impayés. Nous sommes en train d’automatiser cette fonction qui devrait être disponible d’ici à la fin de l’année. Autre service envisagé, le remboursement automatique des frais des bénévoles sur la base d’un scan de leurs notes de frais.

Nous réfléchissons également sur les transferts, car outre les mouvements entre comptes des associations d’une même fédération, il peut aussi y avoir d’autres usages comme les paiements des fournisseurs. L’objectif est de pouvoir déclencher automatiquement ces transactions depuis la plateforme AssoConnect.

Travaillez-vous avec des banques ?

Les banques gèrent les comptes de très nombreuses associations, un partenariat serait vertueux. Pour AssoConnect, l’intérêt est évident : accélérer la distribution. Pour les banques, c’est un excellent moyen d’apporter un service complémentaire différenciant, sécuriser davantage de flux et enfin bénéficier de KYC actualisés. À terme, le logiciel pourrait aussi être utilisé de manière plus intégrée en important directement l’ensemble des flux bancaires dans l’application, ce que nous faisons pour l’instant avec Linxo. Mais nous restons prudents car les discussions que nous avons pu avoir avec des acteurs bancaires ont toujours été longues et complexes.

Nous avons en revanche conclu un partenariat avec MAIF qui fonctionne très bien. Les assurances comme les banques, cherchent à proposer des services en plus de leurs services financiers classiques. MAIF est très proche des associations dont elle est le premier assureur en France, et proposer AssoConnect est pour elle un élément de différenciation et de rétention. Nous avons donc créé ensemble MonAssoFacile qui est une version d’AssoConnect dédiée à la MAIF, uniquement accessible à ses sociétaires, à prix réduit, et nous équipons les associations et fédérations de la MAIF qui le souhaitent. Cette opération lancée il y a deux mois donne déjà de très bons résultats. La logique à terme serait d’aller un cran plus loin pour proposer les produits d’assurance de la MAIF à travers AssoConnect…

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº835