Propagation de la crise : le rôle des hedge funds et des primes brokers

Créé le

08.11.2011

-

Mis à jour le

21.11.2011

Les hedges funds n’ont pas été à la source de la crise, mais ils ont joué un rôle de propagateur, notamment en raison de leurs liens avec les prime brokers. En effet, les hedges se procuraient beaucoup de levier auprès des prime brokers. Quand Lehman Brothers a fait faillite, son activité de prime brokerage a été anéantie, ce qui a mis en péril les hedges funds : ils ont vu disparaître une importante source de financement et ont également rencontré des difficultés pour récupérer leurs actifs qui avaient été ré-hypothéqués par la filiale londonienne de Lehman. Cette faillite a provoqué une méfiance généralisée, entraînant le retrait massif par les hedge funds des actifs qu’ils avaient confiés aux prime brokers. Ce mécanisme a contribué à étrangler davantage les prime brokers et à accentuer la crise de liquidité.

Autre interdépendance entre les hedge funds et les banques : la gestion alternative investissait beaucoup dans les dérivés de crédit, notamment dans les CDO conçus par l’industrie bancaire. Pendant la crise, les hedge funds détenaient 46 % du total des CDO et 80 % du total des tranches « equity » les plus risquées. Ces produits sont devenus complètement non liquides pendant la crise.

L’effet combiné du recours au levier et de l’investissement dans ces dérivés de crédit hypothécaires a contribué à la propagation de la crise dans l’ensemble de la sphère financière. Notons également qu'au moment de l’éclatement de la crise, la forte concentration de l’activité de prime brokerage autour de  quelques gros acteurs a elle aussi fortement contribué au risque systémique.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº297