Industrie relativement récente en Chine, le capital-investissement a connu une croissance considérable au cours des dernières années, passant de quelques centaines de millions de dollars investis voici 10 ans à 15 milliards en 2011. On estime que plus des deux tiers des fonds levés en Asie l'année passée se sont concentrés sur la Chine. Le développement de ce marché est caractérisé par trois époques distinctes.
L'époque des précurseurs
Souvent issus d'équipes venant de la Silicon Valley et composées en grande partie de «
La phase d'euphorie
La deuxième grande phase a été l'euphorie des années 2005-2010 avec un modèle quasi unique de « pre-IPO », à savoir des investissements essentiellement destinés à amener une société en Bourse. Les
Retournement et consolidation
Le retournement des marchés boursiers, dans une troisième phase depuis 2008, n'en est que plus brutal : les sorties en Bourse ont été beaucoup plus délicates, même si le démarrage du Nasdaq chinois, le « ChiNext », à Shenzhen en 2009 a atténué l'impact. Mais ici aussi, les sorties ont permis des valorisations très importantes – le ChiNext a démarré avec un PER (Price Earning Ratio ou rapport coût/bénéfice) de 48x, et a culminé a plus de 100x à l'issue du premier jour de cotation –, mais le cash to cash, à savoir le retour sonnant et trébuchant pour les investisseurs, est moins évident. Une analyse précise des conditions de «
Aujourd'hui, le capital-investissement est devenu un élément essentiel de financement du secteur privé en Chine, qui reste peu favorisé par le financement bancaire, et la quasi-totalité des success stories entrepreneuriales – Baidu, Ctrip, Lining, Belle, Home Inn pour n'en mentionner que quelques-uns – ont été financées, voire amorcées, par des fonds de private equity.
Le private equity chinois semble promis à un bel avenir, avec seulement 0,3 % environ du PIB investi dans cette classe d'actif, à comparer avec les 3,4 % aux Etats-Unis et environ 1 % en Europe. L'image générale du secteur est extrêmement positive, que ce soit dans les cercles gouvernementaux, auprès des entrepreneurs et même auprès du grand public – quel contraste avec les pays occidentaux ! Autre contraste frappant : voici peu de temps, les grandes sociétés d'assurance ont reçu l'autorisation d'investir jusqu'à 5 % de leurs actifs en « investissements alternatifs », ce qui représente la bagatelle de 50 milliards de dollars ! Cela doit faire réfléchir sur l'impact qu'a notamment Solvabilité 2 sur le capital-investissement européen.
Quelques nuages viennent toutefois assombrir le tableau :
- la concurrence est effrénée ;
- assez peu de GP (les gérants des fonds de private equity) ont su dépasser le stade du«
dealmaking »pour devenir de réels investisseurs actifs, créant de la valeur pour leurs sociétés en portefeuille ;[4] - les sorties sont moins aisées que par le passé, du fait de la faiblesse des marchés d'actions chinois depuis 3 ans et de leur plus grande sélectivité ;
- l'instabilité des équipes inquiète les LP (les investisseurs) : dans de nombreux fonds, les équipes sont en constant renouvellement ;
- la réglementation demeure balbutiante et à l'occasion contradictoire entre plusieurs régulateurs (MOFCOM, NDRC, CSRC), parfois concurrents ;
- il convient de relativiser l'importance du capital-investissement, qui ne représente encore aujourd'hui que 10 % des fusions et acquisitions en Chine.
d'un côté, l'impératif de croissance des sociétés européennes, dans un contexte de croissance nulle ou faible dans les prochaines années sur le Vieux Continent, et donc la nécessité absolue pour beaucoup de se développer dans les pays émergents, et notamment en Chine. Ce qui était une stratégie de niche est aujourd'hui au cœur de la préoccupation de la grande majorité des groupes familiaux ou investis par des fonds ;
d'un autre coté, un nombre croissant de groupes chinois souhaitent se développer à l'international, notamment pour acquérir des éléments qui leur permettront de réussir sur leur marché intérieur, comme des marques, des ressources ou de la technologie. La compétition acharnée sur le marché domestique chinois ainsi que l'augmentation des coûts – les salaires ont été en moyenne multipliés par trois en 10 ans – amènent beaucoup d'entreprises chinoises à s'internationaliser afin de monter dans la chaîne de valeur, d'acquérir des technologies nouvelles, ou encore d'améliorer leur gestion d'entreprise.
Toutefois, jusqu'à présent les investissements chinois à l'international n'ont pas connu de grand succès. Plusieurs raisons expliquent ce résultat mitigé :
- la faible expérience des groupes chinois dans le domaine des fusions et acquisitions (il ne faut pas oublier que la Chine s'est essentiellement développée par croissance organique durant les 30 dernières années) ;
- la relative inexpérience des groupes chinois en termes de capacité d'intégration, notamment dans des secteurs à forte valeur ajoutée ;
- un problème récurrent de perception, qui n'est que lentement compensé par un effort – encore bien insuffisant – de communication et de transparence.
Ce partenariat stratégique crée de la valeur pour la société investie et ses actionnaires, existants et nouveaux. Pendant l'opération, mais surtout pendant toute la durée de l'investissement, A Capital s'assure que l'opération se passe suivant des normes européennes, que le partenariat stratégique envisagé se réalise effectivement, et que le développement chinois de la société est solide et rapide.
Ce modèle a été mis à l'épreuve avec grand succès dans la première opération qui fut l'investissement dans Club Med, ou le co-investisseur stratégique choisi est le principal conglomérat privé chinois, apportant a la fois une grande expérience en immobilier (indispensable pour le choix des sites) et une capacité à accélérer le développement et la distribution de la marque auprès de la clientèle chinoise, dans une perspective mondiale. D'où l'importance de l'investissement dans la société mère du Club Med…
Cette stratégie, combinée à la constitution d'une équipe expérimentée et complètement biculturelle, a convaincu le fonds souverain chinois et la SFPI (Société fédérale de participations et d'investissement) d'investir et de devenir sponsors de A Capital. Les deux institutionnels étaient à la recherche d'un gestionnaire de fonds ayant une stratégie différenciante sur l'Europe, investissant dans des actifs de qualité européens avec un fort potentiel de création de valeur par un développement asiatique, et capable d'offrir du co-investissement à ses LP.
C'est probablement le seul «
- le track record (c'est-à-dire l'expérience) de l'équipe, à la fois en Chine et en Europe ;
- la rareté des gestionnaires dotés d'une réelle capacité d'exécution sur des opérations entre la Chine et l'Europe, et de mise en œuvre de partenariats stratégiques créateurs de valeur ;
- le réseau unique de relations forgées en Chine avec les principaux acteurs étatiques et privés ayant des ambitions internationales ;
- un deal flow (flux d'affaires) important d'entreprises européennes performantes.
Aujourd'hui China Investment Corporation, par l'intermédiaire de son Chief Investment Officer, et la SFPI sont membres du Comité d'orientation du fonds. A Capital a, voici quelques semaines, bouclé sa deuxième opération dans Bang & Olufsen, pour sécuriser et accélérer le développement de cette société emblématique danoise dans les pays émergents et en Chine en particulier. Cette opération est significative dans le sens où elle se situe dans un deuxième pays européen, concerne une marque mondialement réputée, un groupe qui n'avait pas un besoin de financement mais un impératif stratégique qui ont permis à A Capital et à son co-investisseur – cette fois-ci le principal distributeur de produits de luxe en Chine, Sparkle Roll – de bénéficier d'une augmentation de capital réservée. Surtout, cette opération a démontré le caractère duplicable et durable de la stratégie du fonds.
A Capital va prochainement réaliser son deuxième tour de table avec un nombre restreint d'investisseurs institutionnels et de family offices, à qui elle donnera la possibilité de co-investir au côté du fonds.