Au fur et à mesure de la fin des plans de relance et du cycle des stocks, la faiblesse des demandes intérieures des pays est mise à nu. En effet, le chômage, le désendettement des acteurs privés et le manque de visibilité continuent de peser sur la consommation et l’investissement. De plus, l’effet d’entraînement de la politique budgétaire sur les dépenses privées est modeste, en particulier en zone euro, et les politiques monétaires menées sont peu efficaces quand les entreprises et les ménages sont attentistes.
La faiblesse des fondamentaux est apparue au grand jour en zone euro et aux Etats-Unis mais aussi dans les pays émergents. L’indice HSBC EMI laisse attendre une décélération de la croissance dans ces derniers en particulier en Chine et au Brésil. La croissance globale de la production et des nouvelles commandes a particulièrement baissé dans ces deux pays. La Chine, principal moteur de la croissance des marchés émergents pendant plusieurs trimestres, a perdu une partie de son dynamisme et les exportations entre les pays émergents ont crû à leur rythme le plus faible depuis le troisième trimestre 2009. Ainsi, sans le soutien du cycle des stocks et des plans de relance, la croissance est plus faible même en Chine !
Bien sûr, le rythme de croissance va encore nous faire envie puisqu’il pourrait atteindre en Chine 9 % au deuxième semestre contre 11.9 % au premier trimestre 2010 et au Brésil 6.5 % au deuxième semestre après 9 % au premier trimestre 2010. Il restera donc très supérieur à ce qu’on va observer dans les pays développés. Ainsi la croissance des émergents va continuer de soutenir le commerce mondial, ce qui sera une source d’activité notamment pour la zone euro. La part des exportations vers les émergents représente en effet 8.1 % du PIB allemand, 5 % du PIB italien et 3.7 % du PIB français contre 2.5 % du PIB américain. Si l’euro continuait de se déprécier pour se rapprocher de sa valeur d’équilibre, la demande extérieure pourrait compenser en partie la faiblesse de la demande intérieure de la zone euro due à la poursuite du désendettement, au chômage et aux assainissements budgétaires. De plus, la confiance serait plus grande, ce qui permettrait à la politique monétaire d’être plus efficace. Malheureusement, pour l’instant, ce cercle vertueux d’une croissance auto-entretenue n’est pas encore enclenché et la réalité de la faiblesse des demandes intérieures refait surface, ce qui va peser sur les marchés boursiers et continuer d’engendrer une forte volatilité.