Quel cycle d’études ?
Avant d’intégrer l'École polytechnique en 1995, j'ai fait toutes mes études en Tunisie, entre le Sud tunisien et Tunis. Plus tard, en 2012, j’ai également suivi le CESB.
Polytechnique et CESB : un enchaînement peu courant…
Polytechnique est une formation généraliste et j'avais besoin d’approfondir ma connaissance du monde bancaire, un monde tellement vaste et enrichissant ! Le CESB m’a permis, entre autres, de faire des très belles rencontres !
Un plan de carrière ?
Tout d’abord, des opportunités de carrière : Cap Gemini, Kertel, puis, suite à la crise du secteur des télécoms, j’ai obliqué vers le secteur bancaire. En revanche, ce qui n'est pas un hasard, c'est qu'en 2015, je suis toujours à la Banque Publique d’Investissement. Quand je suis arrivé à la Sofaris (ex Oseo Garantie), je pensais rester un ou deux ans, puis j’ai poursuivi à la BDPME, OSEO et enfin Bpifrance, qui est une belle
Un challenge chez BPI ?
Avoir lancé en 2013 ma nouvelle direction, la Direction des projets métiers du système d'information (DPMSI) en 2013 et réussi à atteindre la maturité de l'organisation en très peu de temps, alors que le challenge n'était pas facile et que la réorganisation avait des conséquences importantes dans le fonctionnement global de Bpifrance.
Plus précisément ?
Avant 2013, j'étais responsable de la partie maîtrise d'œuvre chez OSEO. À cette date, avec la création de Bpifrance, la nouvelle Direction générale a décidé de créer la DPMSI dont j’ai pris la tête, en regroupant la maîtrise d'œuvre et la maîtrise d'ouvrage éparpillée à l’époque entre une direction de l'Organisation et de la Maîtrise d’ouvrage, aujourd’hui disparue, et les différentes directions métiers. Six mois ont été nécessaires pour recruter l’équipe, notamment parmi les anciens collaborateurs de la MOA qui hésitaient à intégrer une direction informatique. Il m’a fallu négocier avec les métiers, les instances syndicales, mener de multiples réunions et entretiens individuels. L'un des facteurs de réussite, c'est vraiment le dialogue et la communication.
Un échec ?
Il m'est arrivé de devoir arrêter un projet en phase finale. Je l'ai vécu comme un échec et mon équipe aussi, d'autant plus que la cause en était externe. Nous ne sommes jamais à l'abri des problèmes les plus inattendus sur un projet informatique, même si nous essayons de verrouiller tous les risques. Du coup, dans la façon d'appréhender le travail avec mon équipe, je prends aujourd'hui plus de recul et intègre cette probabilité jusqu'à la fin. Rien n’est gagné d’avance !
Une source de stress ?
Les conflits. Dans mon rôle de manager, c’est un élément auquel je porte énormément d’attention, car la cohésion de l’équipe est au cœur même de l’énergie qui nous fait avancer pour le bien de notre entreprise.
Ingénieur ou manager ?
Je suis sur un poste de management à la DPMSI, dont la dominante principale est d'être confronté à l'être humain. Or, un cursus académique comme le mien peut générer un grand mathématicien ou un très bon scientifique. Mais le management est un domaine où l'expérience est primordiale.
Des méthodes de management ?
Je délègue et cherche à développer la confiance au sein de mon équipe. Mon but, au final, est l’épanouissement de chacun de mes collaborateurs.
De façon plus pragmatique, je travaille aussi sur l’optimisation du temps des collaborateurs pour une meilleure efficacité de l’ensemble de l’organisation, par exemple en travaillant à réduire le nombre et la durée des réunions, pour aller droit au but !
Les facteurs de succès de la réussite professionnelle ?
En tant que manager, ma principale mission est de faire réussir mes équipes et mon entité. Dans cette perspective, le souci de l'être humain est très important pour moi. Par ailleurs, comme dans la vie personnelle, la vie professionnelle est semée de difficultés : il faut être pragmatique, persévérant, ne pas s'éparpiller, ne pas perdre le cap, ne rien lâcher…
Quel usage des réseaux sociaux ?
Je cultive mon réseau a minima par l'intermédiaire de Linkedin, mais le réseau passe plutôt pour moi par le contact humain, par des très belles rencontres.
Un défaut et une qualité ?
Je ne suis pas quelqu'un qui demande spontanément de l'aide ou, plus précisément, je dois être en totale confiance avec la personne en face de moi pour oser lui demander de l’aide, ce qui peut être un défaut.
En revanche, je dialogue beaucoup et on me voit souvent comme un facilitateur des problèmes relationnels, quelqu’un qui apporte de la sérénité, même dans des situations tendues. On me voit aussi comme quelqu’un de « pragmatique », ce qui rassure souvent mon entourage professionnel.
Quel équilibre familial ?
L'équilibre entre vie familiale et professionnelle est déterminant pour la réussite professionnelle. À certains moments, le soir ou pendant les vacances, il faut pouvoir couper. J'ai trois enfants en bas âge, et cela aide !