Plan de carrière : des changements et du sens

Créé le

22.06.2016

-

Mis à jour le

05.07.2016

À la tête de l’Organisme paritaire de collecte des fonds de la formation professionnelle de la banque et des assurances (Opcabaia), Marc Picquette mène la réforme engagée par la loi sur la formation professionnelle de mars 2014.

La formation professionnelle, fil rouge de votre carrière ?

J’ai débuté à l’ANPE dans la région Bretagne, où j’ai occupé plusieurs postes opérationnels puis de management en agence locale et en direction régionale. A partir de fin 2008, j’ai participé à la création de Pôle Emploi [1] , en région toujours, puis j’ai rejoint la direction générale à Paris  afin de décliner la nouvelle compétence « orientation professionnelle et formation des demandeurs d’emploi » intégrée par le nouvel opérateur. S’en est suivie une période intense de 3 ans qui a permis de poser les bases de l’offre de services de Pôle emploi en matière d’orientation professionnelle et de formation des demandeurs d’emploi. En 2013, j’ai rejoint l’AFPA en tant que directeur régional de la région Picardie [2] , puis très vite s’est présentée l'opportunité du poste à l’Opcabaia qui m'a convaincu de quitter l'AFPA, mais avec regret par rapport à ce que j'y avais engagé et aux valeurs de cette maison...

Quelle expérience du monde financier ?

Je ne suis pas issu du secteur, c’est clair... mais je crois vraiment aux bienfaits d’un apport de « sang neuf », s’il est fondé sur une expertise managériale avec la capacité d’appréhender assez rapidement le secteur d’activité et ses spécificités. C’est en tout cas le pari qu’ont fait les décideurs au moment de mon recrutement !

Homme des missions impossibles ?

Ce terme de « mission » me convient. En effet, une mission a un début et une fin, et on peut en évaluer les résultats : je fonctionne bien de cette façon. Par exemple une mission réalisée pour Pôle Emploi consistait à assurer le transfert d’environ 1 000 collaborateurs de l’Afpa, essentiellement des psychologues du travail, vers Pôle emploi pour que ce dernier puisse remplir ses fonctions nouvelles d’orientation professionnelle. Cette mission devait être achevée dans des délais courts, entre juin 2009 et avril 2010. J'ai commencé avec une feuille blanche, seul dans un bureau, mais l'objectif a été atteint au 1er avril 2010.

De même, l’année passée à l'AFPA  en tant que directeur régional de la région Picardie, entre janvier 2013 et février 2014, a été dense. Cette région était qualifiée en interne de sinistrée. Il a fallu réinstaller des éléments de management et de motivation, pour que les salariés retrouvent le sens de leur mission et l'envie d'aller travailler le matin.

Mais aussi homme de changement...

En effet, je ne recherche pas des postes où il s’agit de s’installer dans les traces de son prédécesseur et poursuivre dans la continuité. Il me faut un changement à conduire !

C’était le cas lorsque j’ai participé à sa création de Pôle emploi. Et l’Opcabaia est aujourd’hui dans un cycle de transformation porté par la réforme de mars 2014. Son conseil d'administration a voté un plan stratégique sur trois ans, qui constitue ma feuille de route.

Et donc homme d’action ?

J’aime les challenges portés par des transformations, mais j’ai aussi besoin d'être dans l'action et d'avoir une connexion avec l'opérationnel.

Ainsi, un de mes tout premiers postes fonctionnels au sein de l’ANPE était celui de « consultant interne en organisation », observateur plus qu’acteur, un poste dans lequel je ne me suis pas du tout retrouvé. Une véritable erreur de casting, qui a duré 8 mois. Mais j’ai pu me remettre sur les rails ensuite !

Quels effets de la réforme à l’Opcabaia ?

Nous voulons passer d’un Opca gestionnaire à un Opca apporteur de valeur ajoutée en matière de conseils et d'expertises, en lien avec la politique des branches bien entendu, car l’Opca ne vit que par le mandat que ces dernières lui confient. La digitalisation est une opportunité : l’Opca souhaite être une force de proposition concernant les financements de formation au titre de la transformation des métiers et de l'évolution des compétences. Autre exemple : le développement de politiques de certification, en matière de CPF ou de VAE [3] . Les grands établissements sont en général outillés en interne, mais les plus petits, comme les agents généraux d’assurance, sont en demande de conseil et d’accompagnement. L’idée n’est pas bien sûr de se substituer aux acteurs des branches mais d’interagir avec eux, ainsi qu’avec les organismes de formation comme le CFPB pour la banque et l’IFPASS pour l’assurance. Je crois beaucoup à cette force de cohésion des acteurs, qui se déploie au travers de partenariats transversaux. La réussite de l'Opca se jugera dans trois ans à l'aune de la reconnaissance de ses adhérents autour de trois critères : sa capacité à conseiller les établissements dans leur dynamique de formation professionnelle ; l'expertise apportée sur la connaissance des métiers et du secteur; et enfin un critère d'ordre économique : l'Opca doit rendre le meilleur service au meilleur coût.

 

1 Pôle Emploi résultait de la fusion de l’ANPE avec les Assedic.
2 Association pour le formation professionnelle des adultes.
3 Compte personnel de formation ; validation des acquis de l’expérience.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº798
Notes :
1 Pôle Emploi résultait de la fusion de l’ANPE avec les Assedic.
2 Association pour le formation professionnelle des adultes.
3 Compte personnel de formation ; validation des acquis de l’expérience.