En avril dernier, Olivier Klein a pris ses fonctions de directeur général de la banque commerciale et de l’assurance du groupe BPCE, accédant par la même occasion à l’un des cinq sièges du directoire. Sous sa houlette, les 8 200 agences du réseau des 20 Banques Populaires et des 17 Caisses d’Epargne. Un poste aux allures de consécration pour ce banquier de toujours (ou presque) qui occupait jusque là la fonction de président de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes. François Pérol a donc choisi un « rouge » pour ce poste stratégique, par opposition aux managers « bleus » issus des Banques Populaires. Il a surtout choisi le patron d’une des caisses les plus performantes, celle de Rhône Alpes, et qui présidait déjà la commission banque de détail de la
Grâce à une accélération de l’histoire
Les portes de la banque s’ouvrent à ce passionné de finance dès la fin de ses études. Il choisit pourtant de rejoindre la PME d’import-export de son père en tant que directeur financier. Une expérience de terrain qui donne à son CV ce petit plus qui fait que certains se retrouvent sur le dessus de la pile : en 1985, il est appelé par la BFCE pour créer une grande salle de marché spécialisée en gestion du risque de change. « J’ai profité d’une accélération de l’histoire, celle de l’explosion des marchés financiers. Ma formation et mon expérience de praticien les avaient intéressés : à l’époque, les personnes compétentes sur les swaps et les options étaient peu nombreuses et celles qui avaient en plus la connaissance du client l’étaient encore moins ! » En 1988, il participe à la création de la banque d’affaires de la BFCE, qui regroupe alors les activités de fusions-acquisitions et de private equity. Il en prend la direction trois ans plus tard, à tout juste 34 ans.
C’est alors qu’Olivier Klein entame un virage dans sa carrière et rejoint les métiers de la banque commerciale, au sein de la direction régionale Rhône-Alpes Auvergne de la BFCE. Il y traite les dossiers de grandes entreprises comme Casino et l’ancêtre d’Adecco mais aussi ceux de PME, transversaux et réclamant plus de relationnel. « C’est à Lyon que j’ai pris conscience de deux tendances qui ont orienté le reste de ma carrière, se souvient le banquier. J’ai tout d’abord assisté aux rachats massifs des banques de gros par les banques de détail, qui m’ont fait prendre conscience du poids grandissant de ces dernières. Originaire de la région parisienne, j’ai aussi été frappé par le fait régional, à savoir que les dirigeants d’entreprise veulent des banquiers locaux. » Entrer dans une banque de réseau devient alors une évidence.
Piloter de près la performance
Convaincu par « la volonté de modernisation » du groupe, c’est sur la Caisse d’Epargne que se porte son choix. Olivier Klein fait ses armes au sein de la caisse « pilote » de Picardie avant de rejoindre en 2000 celle d’Ile-de-France Ouest. Il y imprime sa marque pendant sept ans, avec un leitmotiv : reverser la logique d’une stratégie axée sur les produits – qui avait alors cours dans la plupart des réseaux bancaires français – et la recentrer sur la satisfaction client. Il s’appuie pour cela sur un nouvel outil d’évaluation des agences, « le benchmark », qui n’inclut pas seulement le PNB généré mais aussi le niveau de risque du portefeuille, la satisfaction du client et sa fidélisation.
Lyon : le défi réussi
Les bons résultats de la caisse conduisent Charles Milhaud à lui confier le pilotage de la fusion de la caisse des Alpes avec celle de Lyon, faisant du nouvel ensemble la deuxième caisse du groupe. « J’étais convaincu qu’il fallait aller vite, pour effacer les attachements au passé et mobiliser les salariés en leur montrant qu’ils créaient eux-mêmes quelque chose de neuf. » Progressivement et grâce à une approche pédagogique, son « benchmark » est adopté par les équipes. « Il est exprimé non pas sous forme de rang mais d’écart par rapport au premier, précise Olivier Klein. L’idée n’est pas d’instaurer une logique de concours entre les agences mais de savoir à quelle distance du meilleur on se trouve. » Un état d’esprit qui tire la performance vers le haut. C’est en tout cas ce que suggèrent les résultats du
Ces recettes, Olivier Klein aura pour mission de les promouvoir et de les approfondir au niveau national et pour les deux enseignes, chaque banque régionale restant toutefois maître en son domaine. Il s’agira de mettre en commun des réflexions comme celles sur l’évolution des modes de distribution, le marketing relationnel ou le lien aux nouvelles technologies, et de tirer profit d’un certain nombre de synergies, via l’harmonisation des relations avec les différents prestataires des banques régionales. « Le pôle que je dirige à la BFCE n’a pas pour vocation de décider à leur place mais de veiller à ce qu’aucune d’entre elles ne dérive par rapport au peloton de tête et de faire au contraire en sorte qu’elle le rejoigne. » Un « benchmark » géant en somme.
Ses dates :
1957 : naissance
1985 : création de la salle de marché de la BFCE
1993 : directeur régional de la BFCE pour Rhône Alpes-Auvergne
1998 : entrée au groupe Caisse d’Epargne
2007 : fusion des Caisses d’Epargne Alpes et Lyon
2010 : directeur général pour la banque commerciale et l’assurance chez BPCE, un an après la fusion