Le paradoxe des banques coopératives

Créé le

14.12.2011

-

Mis à jour le

26.12.2011

Les initiatives récentes en matière de développement durable dans les banques font paradoxalement écho aux mouvements d’origine des banques coopératives.

De par leur histoire et leur modèle, les banques mutualistes sont naturellement prédisposées à exercer leur activité de manière durable : souci d’intégrer certaines populations exclues des réseaux bancaires classiques, volonté d’associer aux décisions de gestion les clients sociétaires, relation singulière au territoire et spécificités de leur gouvernance les dégageant, en principe, des obligations de résultat à court-terme. L’actualité récente tend par ailleurs à valoriser ce modèle :

  • succès, le 5 novembre dernier, de l'opération « Bank Transfer Day » aux États-Unis, visant à transférer son compte en banque vers des credit unions ;
  • collectif « Sauvons les riches », de même nature bien que de moindre ampleur en France ;
  • nomination du Crédit Mutuel comme « Banque de l’année en France » pour la deuxième année consécutive par le magazine The Banker.
Pour autant, dans un contexte d’appropriation de la RSE par l’ensemble des groupes bancaires et d’absence de différenciation systématique des mutualistes dans l’offre et les pratiques constatées, les banques coopératives sont aujourd'hui tenues de légitimer cette singularité en matière sociétale, qui semblait acquise il y a encore quelques années. À l'heure où elles affichent clairement leur ambition en matière de RSE, la question de la différenciation de leur approche par rapport aux banques cotées devra être posée tant dans la relation avec les parties prenantes (notamment la place accordée aux sociétaires et aux élus) que dans les domaines d'actions privilégiés (inclusion bancaire par exemple).

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº744