Panorama des principales opérations dans le monde

Créé le

27.09.2016

-

Mis à jour le

03.10.2016

  • National Bank of Abu Dhabi (NBAD) et First Gulf Bank (FGB) vont fusionner. Deux semaines seulement après l’annonce de discussions, les conseils d’administration des deux établissements bancaires ont voté à l’unanimité le projet de rapprochement. Le gouvernement d’Abou Dhabi détiendra un tiers du capital de la nouvelle banque. Deux raisons sont notamment à l’origine de cette transaction : d’une part, la faiblesse des prix du pétrole pèse lourdement sur les revenus et la rentabilité des banques de la zone ; d’autre part, en créant un champion national dans le secteur bancaire, l’émirat d’Abou Dhabi espère ainsi mieux financer une économie intérieure en pleine mutation et concurrencer les grandes banques internationales sur son sol et à l’étranger. En effet, cette opération va donner naissance à un leader régional totalisant près de 175 milliards de dollars d’actifs, une capitalisation boursière combinée d’environ 29 milliards de dollars et un réseau international d’agences et de bureaux dans 19 pays (voir Encadré 2). La fusion sera effective au premier trimestre 2017.
  • Daimler Financial Services, la captive financière du constructeur automobile allemand Mercedes, va racheter le néerlandais Athlon Car Lease International pour 1,1 milliard d’euros. Créé en 1916, Athlon est un fournisseur international de solutions de leasing automobile. Propriété de la société De Lage Landen, elle-même filiale à 100 % du groupe bancaire Rabobank, Athlon dispose d’un parc d’environ 250 000 véhicules dans onze pays européens. En France, Athlon gérait au 31 décembre 2015 une flotte de 20 547 véhicules en LLD et de 3 125 véhicules en fleet management. Daimler va l’intégrer à sa propre division de gestion de flotte (Daimler Fleet Management), qui comprend environ 85 000 voitures et qu’il rebaptisera Athlon à l’issue de l’opération. Cette acquisition vise à renforcer sa position dans la gestion de flotte en Europe, un marché aujourd’hui en plein essor. Cela permet aux constructeurs automobiles de conserver un lien régulier avec leurs clients, de les attirer dans les garages (souvent, ces offres intègrent une dimension entretien) et de capter la marge liée au crédit automobile.
  • Alior Bank va prendre le contrôle de sa compatriote Bank BPH pour un montant de 1,23 milliard de zlotys (287 millions d’euros). En effet, la banque polonaise a conclu un accord avec l’américain General Electric concernant la vente de sa participation majoritaire dans l’activité bancaire principale (Core Bank) de sa filiale en Pologne. En revanche, la transaction ne porte pas sur le portefeuille des crédits hypothécaires (Mortgage Bank). L’acquisition sera financée grâce à une augmentation de capital auprès de ses actionnaires, dont l’assureur public polonais, PZU, qui détient 25,19 % du capital d’Alior. L’intérêt de cette opération est double. Tout d’abord, il s’agit de former l’une des dix premières banques polonaises avec 3,2 millions de clients et près de 1 300 agences (voir Encadré 3). Par ailleurs, cela s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à renforcer la place des banques polonaises dans le secteur bancaire national, dont les actifs sont aujourd’hui majoritairement contrôlés par les investisseurs étrangers (à plus de 60 % en 2015). La transaction devrait être finalisée au quatrième trimestre 2016.
  • BPCE a signé un accord portant sur l’acquisition de la banque digitale allemande Fidor Bank. Créée en 2009 par son actuel directeur général, Matthias Kröner, Fidor est l’une des premières FinTech bancaires ayant développé un modèle relationnel en rupture et en architecture ouverte. Basée à Munich, Fidor Bank propose des produits bancaires allant du compte courant à l’épargne en passant par le crédit. Accessible aux résidents allemands et britanniques, elle s’appuie sur une communauté forte de 350 000 membres, particuliers ou professionnels, dont 125 000 sont clients actifs. L’acquisition de Fidor s’inscrit pleinement dans le plan stratégique de la banque française « Grandir Autrement », et permettra ainsi d’accélérer le déploiement de sa stratégie digitale. BPCE signe là sa troisième acquisition de FinTech en un an après le rachat de 85 % du capital de la cagnotte en ligne Le Pot Commun en octobre 2015 puis la prise de contrôle de la start-up Serenipay en mai dernier, laquelle a lancé une alternative numérique au chèque de banque baptisée « Depopass ».

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº800