L’année 2010 a-t-elle marqué une reprise des activités d’investissement dans les entreprises ?
Les entreprises ont tiré la leçon de la période difficile de 2008 à 2010 : elles portent la certitude qu’il faut innover, se diversifier, s’internationaliser et atteindre une taille critique. On assiste à un développement depuis 2010 des demandes de financement visant à accroître la taille moyenne des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises, notamment par des achats d’entreprises existantes, en France et à l’étranger.
Par ailleurs, nous constatons une forte augmentation des flux de dossiers de demandes de garantie de prises de participations. OSEO peut garantir des petites opérations de transmission, des entreprises innovantes ou des entreprises de moins de 7 ans. Cette action, très originale en Europe et même dans le monde, rencontre un franc succès et il y aurait matière à garantir davantage. Nous avons du mal à satisfaire la demande avec les dotations actuelles, qu'elles émanent de l’État ou de la Caisse des Dépôts.
Enfin, dans les dossiers que nous voyons passer, nous constatons que la nature des besoins de certaines entreprises nécessite qu’elles soient confortées en fonds propres. Répondre à ce besoin de capital-développement est une activité spécifique et l’offre en la matière n’est, malgré tout, pas encore assez au rendez-vous. Les Business Angels se développent aussi, ils s’organisent, mais les modifications fiscales du dispositif ISF les affectent également
Quelles sont les complémentarités entre OSEO et les investisseurs en capital ?
Le private equity n’est pas directement le domaine d’OSEO : en effet, notre offre fait aujourd’hui le tour complet du bilan de l’entreprise, à l’exception des fonds propres. Notre seule participation directe en fonds propres se fait au sein d’Avenir Entreprises, notre filiale commune avec la Caisse des Dépôts, dont le dynamisme a été intense en 2010.
Nous avons plutôt pour objectif d’être partenaires dans les opérations de private equity en proposant un Contrat de développement participatif (CDP) en complément de fonds propres apportés par l’investisseur direct. L’effet de levier est intéressant et l’entreprise conserve son indépendance, le CDP n’ouvrant pas de droit sur le capital de l’entreprise. Aujourd’hui, un tiers des opérations concernant un CDP se fait avec des partenaires de private equity, contre deux tiers avec des concours bancaires.
L’objectif qui avait été fixé en 2010 d’un milliard de CDP sera atteint en 2011 et il y aura bien en complément 2 milliards de financements supplémentaires en concours bancaires et en fonds propres. À ce jour, 800 prêts ont été accordés pour un total de 800 millions d’euros. Les entreprises qui en ont bénéficié sont essentiellement des PME, ainsi que de plus en plus d’ETI en cours de parcours : sur les 4 000 ETI que compte la France, 200·en ont profité. C’est un réel succès parce qu’il est parfaitement adapté à notre situation de sortie de crise.
Par quelles autres initiatives peut-on envisager de drainer davantage l'épargne des particuliers et des investisseurs vers les PME ?
Je suis convaincu que les entreprises qui bénéficient d’un investissement extérieur en fonds propres ont un dynamisme plus fort que celles qui ne font pas l’objet d’un tel soutien, d’où la nécessité de favoriser l’investissement direct dans le capital des entreprises.
OSEO Capital PME et Investnet sont deux services en ligne créés par OSEO pour mettre en relation des PME et des investisseurs potentiels. Nous devons les intensifier, même si investisseurs et entreprises n’ont pas encore pris l’habitude de s’y référer suffisamment. Dans ce domaine, il faut développer des relations intermédiées, par le biais des experts comptables par exemple.
La labellisation des entreprises est une autre manière d’attirer l’attention sur elles : elles peuvent ensuite bénéficier de la notoriété d’OSEO pour se faire financer par des FCPI. Cette méthode qualitative est porteuse, elle concerne plus de 300 entreprises tous les ans.
Quelles sont les perspectives pour OSEO en 2011 ?
On dénombre 5 000 transmissions d’entreprises de plus de 10 salariés tous les ans, ainsi que de nombreuses cessions d’opportunité, mais il y a moins d’opérations LBO aujourd’hui qu’il n’y en avait dans les années 1990.
Gageons que la décennie qui s’ouvre sera celle des