La zone Sepa n'est plus aujourd'hui une mosaïque de marchés domestiques (ou nationaux), mais bien un seul marché européen unique, que nous considérons comme « domestique ».
Avec le SCT et le SDD, les entreprises et les consommateurs bénéficient de termes et de conditions harmonisés dans toute la zone européenne. Le SDD constitue d'ailleurs une véritable innovation puisque les prélèvements directs transfrontaliers n'existaient pas auparavant.
Au cours des toutes prochaines années, les moyens de paiement dits « nationaux » et ceux du Sepa vont coexister. Toutefois, nous conseillons vivement aux entreprises opérant dans plusieurs pays européens de se préparer à la migration vers le Sepa sans attendre les derniers mois précédant la end date.
Le cash pooling détrôné
Le Sepa est aujourd’hui une réalité pour un certain nombre d’entreprises françaises. Il constitue un formidable catalyseur pour rendre la gestion de la trésorerie plus efficace et moins coûteuse. Il incite en effet à faire évoluer le schéma des flux d’une entreprise. Prenons l’exemple d’un corporate français présent dans plusieurs pays d’Europe, et qui dispose aujourd’hui de comptes bancaires locaux. Grâce au Sepa, cette entreprise peut envisager la création d’une centrale de paiements qui lui permettra d’effectuer ses paiements et encaissements « pour le compte » de ses filiales, et c’est bien là une grande nouveauté du Sepa. Ainsi créée, la payment factory peut potentiellement rendre inutile la mise en place d’une structure de cash-pooling, puisque toutes les transactions sont dénouées sur un même compte bancaire.
Les bénéfices de ce nouveau schéma bancaire sont multiples, il permet notamment :
- de réaliser d’importantes économies d’échelle, liées à la centralisation des volumes ;
- de réduire les frais bancaires en raison d’une meilleure consolidation des flux et de l’harmonisation européenne ;
- de standardiser les processus, rendant les opérations plus simples et plus prévisibles ;
- d’effectuer le paiement de plusieurs factures en un seul virement, puisque le format de fichier XML est étendu et permet de véhiculer un nombre important de références de factures.
Une entreprise dont la taille ne justifierait pas la mise en place d’une payment factory pourrait par exemple bénéficier des avantages d’un projet Sepa dans l’accompagnement de son développement en Europe (en facilitant la gestion de ses paiements et encaissements).
La banque offreplus de services à forte valeur ajoutée
L’offre de Deutsche Bank est complète et opérationnelle depuis les premiers jours d’avènement du SCT et du SDD en Europe (au niveau des formats de fichier, des conversions de RIB vers BIC/IBAN ou d’un format de fichier vers un autre, de la dématérialisation et de la gestion des mandats, etc.), mais nous concentrons particulièrement nos efforts sur le conseil et l’évolutivité. Le cadre Sepa et les avancées technologiques nous permettent de fournir plus de services à forte valeur ajoutée, par exemple en permettant à nos clients d’améliorer le taux de rapprochement automatique ou la traçabilité de la liquidité.
Aujourd’hui, Deutsche Bank est très bien implantée en Europe et est opérationnelle sur le Sepa depuis maintenant deux ans à l’échelle du continent. L’expérience européenne de Deutsche Bank sur le dossier du Sepa est un atout pour conseiller nos clients français.
Nous mettons également l’accent sur le coût global de la relation bancaire, qui intègre les coûts techniques et informatiques, le coût de la qualité, plutôt que sur le seul coût unitaire par transaction. Grâce à Sepa, la banque développe des reportings plus fins et plus pertinents. Ces derniers permettent un meilleur taux de rapprochement des écritures bancaires et comptables et engendrent des effets positifs indirects qui seront tout aussi précieux : baisse des réclamations, hausse de la satisfaction des clients, déploiement des équipes sur d’autres projets, etc.
L’activité de cash management chez Deutsche Bank est profitable car elle apporte de la valeur ajoutée aux entreprises clientes. Ces dernières reconnaissent cette attitude responsable. Pour preuve, Deutsche Bank triple ses volumes chaque année depuis 2006.
Des acteurs non-bancaires peuvent fournir des services de paiement
Le Sepa n’a pas permis l’émergence de nouveau acteurs en tant que tel. Les acteurs – les systèmes de compensation ou PEACHes (« Pan-European Automated Clearing Houses ») par exemple – se sont multipliés, il est vrai, mais du seul fait de l’élargissement géographique ; ce ne sont pas de nouveaux acteurs à proprement parler au niveau européen. Néanmoins, nous avons assisté, en marge du Sepa, à l'introduction de la Directive sur les services de paiement (PSD). Elle crée une opportunité spécifique en France avec la création du statut d’établissement de paiement. Avant l’introduction de cette directive, le droit bancaire français ne permettait pas à une entité non-bancaire de fournir des services de paiement, contrairement à d’autres pays européens. Bien que la plupart des banques voient l’émergence de ces nouveaux acteurs comme une menace, nous sommes convaincus que celle-ci est en fait une belle occasion d’innover, d'améliorer la qualité et réduire le coût des services de paiement. Deutsche Bank est la plus grande correspondent bank en euro, avec 21 % des transactions de compensation ; elle a ainsi une bonne vision des enjeux et surtout une grande expérience de la mise à disposition à d’autres acteurs de ses infrastructures et capacités de traitement. Nous sommes conscients du potentiel de ces nouveaux business models, qui donneront aux entreprises en France un choix plus étendu. Par conséquent, nous soutenons activement ces entreprises émergentes, tant pour l'obtention de leur agrément que pour le traitement des transactions.
L’équipe de Global Transaction Banking est actuellement en discussion avec une dizaine d’établissements de paiement et a d’ores et déjà concrétisé un partenariat avec trois d’entre eux. Ils seront des relais de croissance non-négligeables pour notre activité, en augmentant nos flux mais aussi en complétant parfois notre propre offre.
Par ailleurs, le Sepa ne saurait se limiter aux entreprises appartenant à la zone euro. Il peut en effet être utile à tout corporate ayant des activités en Europe, qu’il soit européen ou non.
Deutsche Bank a une approche européenne « domestique » des structures de systèmes de paiement dans la zone euro. C’est pourquoi la création d’un espace unique, harmonisé, transparent et plus compétitif ne peut que nous rendre optimiste sur l’avenir de notre activité de cash management.