Où Blom Bank est-elle implantée en Europe ?
Blom Bank est arrivée en France en 1976 et a réuni autour de sa filiale française les activités européennes du groupe, en sus des Émirats arabes unis. Blom Bank France contrôle les succursales ouvertes à Londres, en 1981, en Roumanie, en 2007, mais aussi aux Émirats arabes unis. Elle dispose également d’une filiale en Suisse depuis 1979. Cette implantation sur cinq marchés permettait de mieux diversifier nos risques pays, même si c’est un argument qui perd aujourd’hui de sa pertinence.
Offrez-vous les mêmes services dans ces cinq pays ?
Non. En France et au Royaume-Uni, nous pratiquons essentiellement de la banque off-shore. Nous recueillons l’épargne d’une clientèle non résidente, libanaise notamment, qui souhaite placer ses avoirs dans une région sécurisée en termes de risque pays, dans une démarche que l’on pourrait qualifier de « fly to security ». En échange, nous garantissons un principe de « Muraille de Chine » : Blom Bank France ne fait pas de prêts au Liban, pas même à sa maison mère. Nous offrons également des activités de trade finance, à destination d’importants importateurs syriens notamment. Nous intervenons dans le cadre d’opérations syndiquées pour du financement de projet ou d’acquisition sur le Moyen-Orient. À Londres, nous avons développé une offre de financement immobilier pour le compte de clients moyen-orientaux, toujours d’une manière très sécurisée.
Qu’en est-il de vos activités en Suisse ?
Nous y offrons des services de banque privée allant du courtage à la gestion de portefeuille et aux opérations de change. Nous nous adressons à une clientèle moyen-orientale mais aussi à la diaspora libanaise.
Quelle activité avez-vous développée en Roumanie et pourquoi cette extension vers l’Europe de l’Est ?
Le groupe a repris en 2005 la Misr Roumanian Bank, une banque consortiale née d’une poignée de main entre Saddate et Ceaucescu en 1978. En 2007, Blom Bank France a repris les cinq agences roumaines. C’était une opportunité intéressante car la communauté arabe de Roumanie est importante, avec l’implantation d’hommes d’affaires et d’entreprises libanaises, jordaniennes et égyptiennes notamment. De même que dans notre succursale des Émirats arabes unis, et à la différence de la France et du Royaume-Uni, nous intervenons plus directement dans le tissu économique local. Nous recueillons les dépôts et nous finançons le besoin en fonds de roulement et les investissements des entreprises locales, principalement de taille intermédiaire.
Par ailleurs, dans l’ensemble de nos implantations, nous offrons des services de banque universelle au profit de notre clientèle cible, même si ce n’est pas notre axe de développement principal. Nous restons une banque de niche.
Si Blom France ne fait pas de prêts à sa maison mère, quelle forme d’interaction entretenez-vous avec elle ?
Nous pratiquons du cross-selling : nous offrons le réseau européen à tous les clients de Blom Bank. Nous avons d’ailleurs mis en place un produit spécifique pour les clients libanais souhaitant acquérir une résidence secondaire en Europe.
Vous avez mentionné une offre à destination des Syriens prise en charge depuis la France et non du Liban. Pourquoi cela ?
C’est un fait hérité de l’histoire que la plupart des banques libanaises présentes à Paris partagent. Les grandes entreprises syriennes, en particulier les traders de produits agricoles, de métaux ou encore les importateurs d’automobiles, qui souhaitaient avoir accès aux marchés et aux financements internationaux, préféraient traiter à Paris ou à Londres pour des raisons de prix, de sécurité et de crédibilité vis-à-vis de leurs fournisseurs. C’était aussi une question de facilité : avant 2005, la Syrie n’était pas ouverte aux banques privées et passer par les banques étatiques était lourd. Aujourd’hui, le groupe Blom intervient aussi directement en Syrie, via Blom Syria and Overseas (BSO), mais les grands clients syriens sont restés fidèles à Blom Bank France pour leurs opérations internationales, leurs transactions en livre syrienne revenant à BSO.
Êtes-vous intéressé par d’autres pays européens, en Europe de l’Est notamment ?
L’implantation en Roumanie était une opportunité qui nous a permis de tirer parti pleinement de l’intérêt de ce pays. Nous ne voyons pas aujourd’hui d’État similaire à la Roumanie en Europe de l’Est avec une communauté libanaise et moyen-orientale importante. Nous n’avons pas non plus vu pour l’instant d’opportunité de développement dans d’autres pays d’Europe de l'Ouest.