Quels sont, selon vous, les éléments clés pour réussir une telle reprise ?
Rappelons tout d'abord que My Money Bank est une banque exclusivement française, bien que très étendue géographiquement puisqu'elle est présente en France métropolitaine mais aussi en Outre-Mer. Elle est l’une des principales banques de financement de la consommation et du petit équipement de transport présente en Nouvelle Calédonie, Réunion, aux Antilles et en Guyane. Nous avons un statut d’établissement de crédit et sommes régulés par l’ACPR.
Le premier élément pour réussir une telle opération est le respect de toutes les parties prenantes ; le deuxième élément est la qualité du dialogue social. Les personnels bancaires sont en France de très bon niveau, bien formés, et ils comprennent parfaitement les enjeux de compétitivité qu'ils vivent au quotidien. La qualité du dialogue noué avec nos collègues et leurs représentants est probablement le meilleur investissement dans ce type d'opération.
Ainsi 18 mois après le changement d'actionnariat de My Money Bank, je voudrais souligner la totale stabilité de l'équipe dirigeante qui est restée dans l'entreprise, la fidélité de nos clients, et enfin le caractère attractif de notre signature puisque nous avons réussi à lancer un programme de dépôts et à émettre pour la première fois des obligations foncières.
Pouvez-vous détailler ce programme de financement ?
Nous avons lancé un programme de collecte de dépôts domestiques en France qui a été un grand succès puisque nous avons d’ores et déjà réuni 1,6 milliard d’euros. Nous travaillons également avec une FinTech allemande Deposit Solutions, pour collecter des dépôts en Allemagne. En accord avec le régulateur, nous avons donc renforcé la part des dépôts dans notre structure de financement, et notamment la part domestique dès lors que nos engagements sont entièrement domestiques, en métropole et en Outremer. Un autre élément essentiel pour renforcer l’indépendance et la pérennité de notre structure de financement est la création de notre propre société de crédit foncier. Celle-ci a procédé avec succès à sa première émission inaugurale d’un montant de 500 millions d'euros fin octobre 2018.
Avez-vous d'autres projets pour collecter des dépôts dans d'autres pays européens ?
En tant qu’établissement de crédit régulé en France au cœur de la zone euro nous avons conscience de la faculté juridique de pouvoir agir dans d’autres pays de la zone euro. Si demain nous pouvons offrir une solution attractive pour des déposants européens, nous regarderons une telle possibilité avec grand intérêt.
Quelles sont vos perspectives de développement ?
Notre priorité est de nous développer en France. De façon complémentaire, nous n’excluons pas de nous développer dans d’autres marchés de la zone euro, mais à condition que ces marches répondent à trois critères :
- une application opérationnelle de notre expertise. Nous avons une expertise forte en financement de petits biens d'équipement, notamment pour le transport, en consolidation de crédits, et nous attendons l'approbation du régulateur pour l'acquisition de BESV, la filiale française du groupe portugais Novo Banco qui va nous apporter de nouvelles compétences notamment en matière d’immobilier et de crédit aux entreprises ;
- une certaine proximité culturelle avec nos marchés actuels s’agissant notamment du comportement du client et de l'analyse du risque crédit ;
- la capacité à assurer le financement de ces nouvelles activités.
Qui sont vos concurrents aujourd'hui ?
Nos concurrents sont la plupart des grandes banques françaises, soit directement, soit par leurs filiales. Nous sommes dans un marché très professionnel et très concurrentiel. Le consommateur français bénéficie, outre d’un environnement de régulation très protecteur et de grande qualité, d'une offre extrêmement compétitive. Sur le segment du crédit à la consommation, notons que la France est le seul pays au monde, hors États-Unis, qui ait développé des acteurs de classe internationale, avec des techniques d'analyse du crédit et de gestion du risque de tout premier plan.
Comment êtes-vous impacté par la transition numérique et la robotisation ?
Rien ne remplacera jamais la connaissance personnelle d'un client et la connaissance culturelle de l'univers du client. Nous sommes sur des métiers où l'expertise des équipes en charge de l'analyse du risque et de la relation avec les clients est déterminante dans la qualité de notre production et quant au choix du client face à une offre importante.
Nous investissons dans les nouvelles technologies pour améliorer la gestion de nos procédures de décision et de mise en relation client. En matière de consolidation de crédit, nous considérons avoir le meilleur « time to answer » du marché.