La
Une tendance préoccupante
La France est le 2e pays européen le plus touché par la fraude identitaire et se situe dans les dix premiers
« Elle est facilitée par la convergence de différents facteurs : en premier lieu, le développement des relations à distance, sur Internet (commerce électronique, réseaux sociaux…) mais aussi via les téléphones portables et les smartphones, qui génèrent de nombreuses transactions nécessitant une identification », explique Guy de Felcourt, directeur de la filiale française de
Les banques particulièrement concernées
Les banques figurent parmi les acteurs particulièrement concernés par cette fraude : si, en France, 40 % des 5 milliards de fraude identitaire sont réalisés à l’encontre des seuls organismes sociaux (Sécurité sociale, CAF et ASSEDIC), une grande partie affecte les opérateurs de télécommunications (20 % de la fraude), les transports et de nombreuses activités de service. Pour les banques et établissements financiers, il s'agit de plusieurs centaines de millions d’euros. Selon l’Observatoire de la sécurité de la carte de paiement, 60 % des fraudes affectant les transactions par carte relèvent de l’usurpation des identités et numéros en 2009, contre 22 % il y a 5 ans. Enfin, une étude réalisée au Royaume-Uni par CPP montre que si un tiers des sinistres déclarés ces dernières années en matière d’usurpation identitaire étaient liés à des détournements de comptes bancaires, ce pourcentage a grimpé à 50 % en 2009.
Organiser la lutte
Afin de lutter contre cette forme de délinquance, la mobilisation se fait à différents niveaux. Une Directive « vie privée et communications électroniques », en discussion à la Commission européenne, pourrait instaurer un devoir de conseil pour se prémunir contre la fraude identitaire de la part des fournisseurs d’accès électroniques, ce qui peut inclure les banques dans leurs transactions à distance. Elle devrait être votée courant 2011 et transposée en France en 2012. À l’échelon national, la loi LOPPSI 2, dite d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, crée un délit d’usurpation, notamment sur Internet. Approuvé en deuxième lecture le 21 décembre dernier par l’Assemblée nationale, le texte devrait être promulgué au 1er semestre 2011. Par un arrêté du 28 octobre 2010, le gouvernement a également nommé pour trois ans un coordinateur rattaché au ministère de l’Intérieur, Michel Bergue, afin d’améliorer la cohérence des actions contre les formes de fraude identitaire et documentaire au niveau de l’État, des préfectures et des collectivités locales. Enfin, les décisions des pouvoirs publics s’accompagnent de celles des acteurs privés qui y voient une opportunité commerciale : « Beaucoup de consommateurs ne savent pas comment se prémunir face à la fraude identitaire ou, le cas échéant, comment réagir à de tels événements, alors que la rapidité d’intervention est essentielle pour être efficace. L’idée est de leur fournir un service ad hoc qui les aide en amont et en aval d’une éventuelle usurpation d’identité » précise Guy de Felcourt (Voir Encadré 2). D'après lui, « ce marché pourrait représenter entre 3 et 5 millions de consommateurs ».