Gouvernance

Luttes de pouvoir au Crédit Mutuel

Créé le

08.03.2011

-

Mis à jour le

14.03.2011

Le Crédit Mutuel restera-t-il un réseau de banques régionales ? C’est la question que l’on est en droit de se poser après la décision prise par Michel Lucas – patron de la très majoritaire fédération de l’Est et, depuis octobre, de la confédération nationale ​–, de supprimer le poste de vice-président, historiquement occupé par la fédération rivale du Crédit Mutuel Arkea. Michel Lucas, qui ne cache pas ses ambitions de faire du Crédit Mutuel une banque nationale, voire internationale avec le CIC, se place en opposition frontale avec Jean-Pierre Denis, le président de la fédération bretonne. Ce dernier a ainsi symboliquement démissionné de ses fonctions au sein de la confédération, avec cinq autres représentants d’Arkea, pour marquer son désaccord.

De nouvelles nominations seront toutefois bientôt annoncées pour respecter les engagements des statuts du Crédit Mutuel. Arkea, deuxième fédération par sa taille – ​elle englobe les caisses de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central – poursuit depuis quelques années ​une stratégie très indépendante. Après avoir racheté la banque en ligne Fortuneo et développé l’assureur Suravenir, elle s’est offert le spécialiste de la monétique Monext en 2009 et propose aujourd’hui des services en marque blanche à d’autres institutions financières, comme les banques de la grande distribution. Pour autant, pas question, du moins officiellement, de faire sécession : « Il ne faut pas confondre cette prise de distance à l’égard d’un mode de fonctionnement que nous réprouvons avec une sortie du Crédit Mutuel », prévenait Jean-Pierre Denis dans une communication interne.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº290